lundi 30 novembre 2009

E - 017 - Coercition.

Avant avant, il n’y a pas d’avant. Avant toi, avant moi, rien n’existait. Pas même le temps, pas même une ombre sur une page d’oubli, sur un contenu perdu où s’est effacé la trace à nos mémoires de pierre. L’énigme tantôt misère, tantôt peau de chagrin, tantôt apothéose, offre à nos tâtonnements la peau des heures qui s’effondrent de nos amas de certitudes. L’enfance est exclue du mystère parce qu’elle rivalise avec les origines lointaines de la vie et constitue la plus fabuleuse conjuration qu’il soit d’avec la mort et le... [Lire la suite]
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dimanche 29 novembre 2009

Pourquoi est-ce si dur de choisir ?

- On voudrait nous faire croire que tout est relatif : chacun ses goûts, son opinion, son choix… Comme si nos opinions, nos choix n’engageaient que nous. Si c’était vrai, ce ne serait pas si dur de choisir ! Le fait qu’il soit si difficile de choisir prouve déjà que le relativisme nous ment. C’est dur de choisir parce que mon choix m’engage : il est, que je le veuille ou non, un engagement sur la valeur de ce choix. En choisissant effectivement ce que je choisis, je dis par mon acte même que chacun devrait faire le même choix que... [Lire la suite]
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samedi 28 novembre 2009

E - 016 - Après.

Demain n’existe pas, dans la peine des rizières, dans l’envolée d’un flamand rose. Demain est une histoire que la nuit invente pour faire semblant. Demain est une musique, un hymne sans refrain. Tu n’as pas vu, tu n’as pas su, tenir la main à la distance, à la présence de tes matins aux réveils incertains. Il est vrai que l’hiver arrive et que la bourrasque creuse jusque dans tes mots. Demain n’existe pas, il rebondit dans les nuages, et occulte tous les visages que tu n’as pas reconnus. Demain te livre en dehors des... [Lire la suite]
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vendredi 27 novembre 2009

E - 015 - Aux leurres flottants.

Dans le chahut et la turbulence, le désordre du nu éclabousse la part égarée de l’enfance vierge éphémère d’une ile souterraine enfoncée sous les mers. Un fleur de peau où s’évapore le frisson dépeuplé de toutes charges. Une chair vive réactive au moindre souffle, au moindre effleurement. Témoin toujours décalé d’une architecture dont les fondations sont si lointaines que nos résistances ne sont que des sursauts essoufflés. Nos solitudes sont complices du silence énigmatique de nos sources singulières. La carcasse des... [Lire la suite]
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vendredi 27 novembre 2009

E - 014 - J’y pense encore.

Quand je revois passer l’automne dans la gueule de notre nuit ancienne, quand je revois passer aphone, tes lèvres aux creux des matins gris. Je suis nuage, je suis en voyage, et je recherche à nos ciels de soie le velouté de nos baisers de farine. Allez savoir pourquoi je griffonne, pourquoi j’y pense encore, du bout des doigts. Allez savoir pourquoi, je rêvasse, pourquoi j’y pense encore, du bout du cœur. Quand je revois passer l’automne dans le jardin de nos ébauches, quand je revois filer les feuilles mortes aux souffles de... [Lire la suite]
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jeudi 26 novembre 2009

E - 013 - Quelque part déroutant.

J’ai le souvenir d’une nuit, d’une nuit dépolie sur le revers du cœur. D’une nuit sans aucun matin, une nuit qui dure longtemps. Depuis je ne dors que d’un œil, depuis je dors du bout du cœur. Je dors dans la lenteur du secret des lumières. J’ai le souvenir d’une nuit où quelque chose se perd, où quelque chose tombe, chute dans l’espace comme tombe une pluie qui importune. Il manque toujours un mot. C'est le mot qui manque à toutes les phrases... C’est une nuit sans emphase, un long mouvement fragile qui troue... [Lire la suite]
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mardi 24 novembre 2009

E - 012 - Alinéa.

Dans l’arbitraire de l’alinéa, dans le décousu de formes pyramidales se fatigue la langue. A sa pointe, la parole s’ennuie et le temps s’étire jusqu’au bout des horizons. Seul le brouillard chuchote dans le touffu des dissonances. Le mot se perd et avec lui, l’illusion aussi. Concordances précaires des registres des voix, l’amour se meut et se tortille comme un ver de terre sorti de sa cache. L’alinéa s’aligne sans se conjuguer. Saillant, il aurait pu dire ou évoquer. L’absence s’arpente comme une nuit de crissement de... [Lire la suite]
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dimanche 22 novembre 2009

E - 011 - Est-il tant ?

Un toit ouvrant sur le rouleau des heures, une pause, une reprise, c’est le monde qui tourne. Ta vie, ma vie, à la culbute dans une déraison exponentielle. L’heure court et pourtant reste immobile. Et nous voilà dans une éternité statique. Une lueur entre les lèvres, tu bredouilles quelques sons. Des bruits gourds, des cliquetis brouillons, des bruits incessants qui appellent. Une voix grave et fluette en même temps, et puis nous. Nous dans le silence qui grouille comme une fourmilière active, nous dans l’abstraction, dans... [Lire la suite]
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samedi 21 novembre 2009

Baume pour occlusion de l’âme. (A. JOLLIEN)

« Je suis à la recherche d’un abri pour moi-même, et la maison qui me l’offrira, je devrai la bâtir moi-même, pierre par pierre. » Ainsi parlait Etty Hillesum.Il est des livres qui transforment une existence. Une vie bouleversée  d’Etty Hillesum, rapporte, sous forme de journal, l’expérience d’une jeune femme juive de vingt-sept ans. Chaque jour, Etty nous livre ses réflexions, ses doutes, ses progrès. Le lecteur  accompagne, abasourdi, ce voyage intérieur, qui se terminera le 30 novembre 1943 à Auschwitz.Etty Hillesum a... [Lire la suite]
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vendredi 20 novembre 2009

E - 010 - De l’indéfinissable.

Là d’où je viens, puis de l’insensé vers l’insensé, garderais-je un pas, une route à suivre ? Un lieu à vivre, une attente à respirer ou bien à bailler ? Flacon de poussière résurgente s’enflammant partout où l’étincelle se frotte, nous sommes l’être de la nouveauté. Dans la colère et la révolte nos paroles sont des fouets. Les mots s’allient et s’associent  comme un onguent impensé, improbable mais incoercible. Devenus des aires sans visages, des surfaces sans râteau, nous crachons nos fumées noires comme des... [Lire la suite]
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