LA COLLINE AUX CIGALES

Dépotoir et déposoir de mots, de pensées... Ici repose mon inspiration et mon imaginaire ; une sorte de maïeutique effrénée et dubitative et il me plait de pouvoir partager à qui veut bien.

31-08-09

Michel de MONTAIGNE

« Tant sage qu'il voudra, mais enfin c'est un homme : qu'est-il plus caduc, plus misérable et plus de néant ? »

             - Essais -

Posté par lacollineauxciga à 18:33 - Citations - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Friedrich HEGEL

« La grande ruse, c’est que les choses soient comme elles sont. »

Posté par lacollineauxciga à 18:32 - Citations - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Marina TSVETAEVA

« J’ai trouvé ma devise - deux verbes auxiliaires : être vaut mieux qu’avoir. »

                      - Vivre dans le feu -

Posté par lacollineauxciga à 18:31 - Citations - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30-08-09

→ 126 – Avorter du désespoir.

nu_20en_20bleu

Au bout de tout ce qui parait être, dans l’abstinence des échos du monde, dans le dévié de ce qui est, au bout des logiques irréprimandables : le probable comme une vision visiteuse, une passante qui passe et que rien n’arrête si ce n’est le hasard.

Et la perte qui nous écrit incessamment ce qui s’enfuit de nous, ce qui s’évapore ne laissant nulle trace, et la fuite identique à elle-même posée dans le prolongement des perditions comme un labyrinthe où l’on se perd et dont on ne revient pas.

Et la perte comme ce deuxième soi qui vit dans un autre, et la fuite comme un chemin entre les murs traversant les images.

Maintenant te toucher, t’ausculter, te caresser comme une matière vivante. Aux sens irréfléchis comme des dentelles légères et fragiles de perceptions, laissez le goût de recevoir et de palper l’insondable que rien ni personne ne connaît, ne sait.

La faim rassemble et déchire. La faim avide de connaître et de savoir nous donne des dents plus longues et plus affûtées. S’en servir nous désarticule et offre à nos visages des masques flous et liquides comme des bouillottes immenses distendues telles des breloques clownesques accrochées sur le fil du silence.

Au bout de tout ce qui parait être, le désespoir de ne jamais savoir ce qui est. Ce qui est demeure l’absence. La certitude n’est pas bâtie ni démolie c’est l’incertitude qui change. Et nous changeons dans rien d’identique, jamais pareil. La métamorphose nous a été inoculée. On a planté dans nos gorges l’âcre baiser de nos sources.

Si le monde ne faisait qu’un, je serais en lui, à lui. Mais il est multitude et je suis comme lui noué et dénoué de foisons, de bric-à-brac, d’antiquités et de foires aux puces qui se déplacent de marché en marchés. Et je marche aussi, sur les autres et sur moi-même avec le même pied qui me tient debout.

Si le monde n’était qu’à moi, ma patrie et mon cheval, je creuserai jusqu’au fins fonds des désastres qui me font t’aimer et te défier d’être cet autre chose qui n’a pas, qui n’est pas de la même sensibilité que celle de mon intime.

Stupides vacuités, combats des ombres, des squelettes des ombres qui luttent les unes contre les autres et où le seul vainqueur est le temps. Le temps indolore et incolore qui crisse sur la peau des jours qui se succèdent comme une pensée en diamant découpant le miroir où l’on se regarde.

Posté par lacollineauxciga à 19:36 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29-08-09

→ 125 – Mirage, chavirage.

neo_ii

La désespérance s’éponge elle-même de ses sucs à se méprendre d’un réel convenu, d’une réalité traduite par les yeux et livrée en pâture au cœur de soi. L’image est sensation forte, elle pue l’émotion.

Corps déchiqueté, aliéné aux querelles de l’esprit, corps présent dans l’absence, dans ses tentatives, ses sueurs immobiles, ses courbes ondulées et ses crachins de rencontre vaine…

Mirage tissé à la matière, l’ombre qui broute fragmente le désir de vivre en des petits bocaux d’épices étiquetés et l’esprit marche sur les confettis de fêtes imprévues, celles qui s’offrent de la parole au silence dans un tourbillon d’espérance sans études, sans compromis, sans rivalités avec le vertige. Palper le mirage, comme l’on ausculte les yeux bandés, les lèvres de l’abandon auquel on se livre sans complaisance.

Je redoute l’heure que l’on essuie comme un débordement d’encrier. L’indélébile frisson s’attache aux rêves nus qu’il faudra vêtir. A nos pouls, le claquement des vagues qui inondent. Ne pas renoncer est suivre les couloirs du silence jusqu’à la faille des abimes où l’écume brise les miroirs.

Je suis là, vivant de toutes mes morts anciennes, dans l’écho qui ne renonce pas à hurler. Je ne sais pas m’apprivoiser en ce pays de vie où la conscience n’est qu’une machine à moudre le grain.

Je suis là, à la rencontre de ma langue natale, dans le berceau des mots intraduisibles et je ne sais rien dire. La vie est au sel de cet océan qui ne cesse ses ressacs et qui me ballotte comme une bouteille à la mer. Tout commence sans refuge. Tout persiste à s’y attarder.

La lune dans sa marée touche à mes pluies. Chaque naufrage découvre des berges vierges où l’innocence se repique comme une misère prête à fleurir.

Posté par lacollineauxciga à 11:59 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28-08-09

→ 124 – A la mémoire trouée.

moyenne

Le chemin de l’oubli comme la régénération de braise ancienne nécessite la pâleur des souffles cachés sous les vestes du temps. L’enfance conjure les puits fendus demeurés sans couvercle, l’adulte, lui, feint le désarroi des failles et des vertiges. Un temps pour tout. Un temps perdu comme du pain cuit aux chaufferettes de la misère et un temps à séjourner sur l’échafaud surdéterminant des couperets moralistes.

Les gones de la rue se souviennent non pas des voies fréquentées mais des sensations vécues. De l’odeur des griffures et des éclats de joie.

Chemins de poussières embourbées sous les paupières des parades éculées et des grimaces enfouies dans des mémoires de fuite silencieuse.

Rien ne dit ce qui se tait. L’indicible parle aux peaux. Et la chair s’accepte à s’épuiser de toutes les maladies. Elle tousse ses lumières comme un crachin sortie des cheminées d’un bateau qui quitte le port.

Quand l’ombre descendra caresser ce qui hier nous embrasait, la flamme surgira des tréfonds et nous aspirera comme des bûches de nos temps inversés.

Quand la ride sera tracée soutenant le regard d’un futur délogé aux arcades blanches d’avant les brouillards, nos yeux éparpillés se rassembleront sur une seule droite et l’horizon nous semblera à égale distance de nos foudres et de nos replis. Le refuge sera l’instant et nous étancherons la soif de nos emphases sans lendemain dans la défiance de toutes ces vies qu’on abandonne. J’ai ce que j’ai donné au monde puisqu’il m’a nourri de l’écume de son silence.

Vie et mort s’engendrent dans une communauté d’insatisfactions, de carences et de manques. L’une appelle l’autre, l’une chasse l’autre, seule une idée floue d’unicité les rassemble et les attache.

Rien de plus impalpable et de plus fluide que l’air. Tout en témoigne lorsqu’il intègre les fléaux de vie alors que le respirer devient brûlant.

Accent fragile, facile à briser, ton souffle est un germe infirme qui boite dans l’ignorance de l’autre. Le vent a besoin de rassemblement pour étreindre, pour déplacer les graines et leur offrir la possible germination.

La vie sans origine s’épuise dans le sans repos des sources. La mort comme état de fait, semblable à la vie dans sa vulnérabilité, est un voyage immobile où circule le doute à l’état pur. Sur la grande élastique du temps se déposent successivement chacune cherchant le perfectionnement de l’autre.

Intime sensibilité de l’essence mère infondée au sacrement ultime, en dehors des flamboyances allaitant les paradoxes, abreuvant les paroxysmes. L’excès comme une bouture folle des chimies de l’éclipse, druide incomparable des potions de vie pure assiégeant nos fuites comme pour presser le grain qui deviendra la boisson des jours sans barrières, ouverts à l’étendue infinie.

Mon enfance est ballottée comme un sac de billes et j’entends leur musique comme un éclat au fond de mon ventre. Monde fictif, monde de parades, monde sans lien avec la vie qu’elle occupe toute entière. A ne plus savoir ce qui existe ou pas. A se méprendre d’être ombre dans les coursives d’une angoisse primale.

Sans savoir la naissance du monde, je ne peux me connaître et je n’habite que l’oubli dont je fais une terre peuplée des rêves qui se déversent comme des masques d’inquiétude.

Dans ce lexique péjoratif, j’incarne le gouffre, l’abime où se dégorge le résiduel de mes doutes. Chaque bribe d’air m’assoiffe.

Posté par lacollineauxciga à 13:57 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27-08-09

→ 123 – Habiter l'enfui.

Cela ne change rien. La vie demeure à l’écho de son apocalypse originelle. Aussi impossible qu’un nénuphar poussant dans le ciel. Aussi criante qu’un enfant venant de naître du ventre de l’univers.

Je n’ai d’autres alternatives que de chercher à en effacer ses débordements, en gommer se dépassements et ses épanchements outre lieux, outre zone, outre le lieu-dit de fertilité accrédité. Oublier les séquelles. Oublier les sensations de dépouillement. Etre seul, mais entier. Etre absent de sa présence. Défait de son empreinte mais coulant de sa matrice comme un loup sans meute. 

Immergé au tragique d’existé, dans la baignoire des sursis où ne flotte que l’illusion. Trahit par la peur qui nous anime ou celle que l’on anime, notre chaos résigné à la maîtrise que l’on voudrait crMarieMadeleineoire déterminante, c’est l’implosion des forces et des puissances (re)tenues à l’aléa du hasard qui se dresse comme des rendez-vous inévitables.

Tragédie du polissage de l’enfance nue, peau tannée à l’âcreté de l’adulte compromis et du façonnage illusoire des règles contrariantes avalées dans la restriction de l’interdit venue tuer les racines, ôter les empreintes : pas faire ci, pas faire ça, pas comme ça… ce n’est pas raisonnable, pas quantifiable. Est-ce qualifiable ?

La part désenchantée mue dans l’équation de la peur, de la misère et de l’instantané. Querelles enfouies, batailles usurpées, combats du jour qui s’organisent en heures, les joutes rebondissent et les rixes s’enchevêtrent à une histoire se dissipant dans du talc. De la poudre tapissant le visage du jour. 

La peur, le trac.

La misère.

Les mâchoires de l’exil, les plis des zones vierges, les refuges inhabités du regard des choses, tout dans le grand empilement des ressources où l’on va marcher sans le savoir. Des presqu’iles humaines flottantes comme des icebergs détachés de leur gangue originelles. Il pleut et il coule des hommes, des histoires d’hommes au goût d’énergies fossilisées.

Débordements qui finissent par se répandre. Inondations corrosives et décapantes : une tête morte nous regarde. Sommes-nous vraiment ce que nous devrions être ?

Des sens aux aboient qui reçoivent et perçoivent, mais savent-ils qu’ils sont vivants et qu’ils nous multiplient aux besoins du désir ?

Peu importe, nous vivrions tout de même, nous surgirions malgré tout. Suffit à la pensée de germer pour que mourir ne soit autre chose que le fantôme de charité qui hante nos émotions.

Coquillages déracinés des mers de siècles jonchant mon désert fossilisé. Penser le perçu serait revendiquer aux sens une explications qui les déborde. Irréductibles comportements trahissant le sang qui les fait vivre. Filtres opiacés des raisons sans chair.

Je ne sais pas vivre.

J’éprouve inconsciemment le vertige de la lucidité. Cette part fragile et vulnérable qui me lie impunément au sacrifice d’être. Mes respirations souffrent l’air qu’elles avalent gloutonnes. L’air inusable. L’air identique à lui-même, c'est-à-dire différent de ses renouvellements à me transpercer dans une durée et une échéance approximative.

Je m’use c’est clair.

Parce que l’inusable habite le rocher dans mon ventre, parce que passe les jambes des rêves dont même les couleurs changent, même les désastres de beauté chassent les poussières de nos ruines. Parce que vivant je meurs de chaque instant. Ceux qui se figent sont des narquois défiant l’éternité comme ces statuts immobiles peuplant Athènes de la mémoire des gloires pour figer les détresses qui ont corrompues la sagesse et expiées les mensonges voraces de l’intégrité de nos sommeils.

L’espérance mère du probable lâche aussi son ancre sur le sol serré, étouffé de nos glaises, pates d’ocres gluantes. Terre d’abondance pourtant. Terre propice à la déraison des mauvaises herbes comme aux plus belles fleurs. Terre répétant sans cesse de la rose et de l’ortie, la violence des parfums qui enivrent.

Enfance insoumise perpétuant le rêve des heures blanches inscrivant à l’utile, à l’expérience et à la pratique, une insémination d’imaginaire crachant au réel sa foudre de liqueur démesurée.

On a greffé à mes lèvres le murmure des baisers d’adieu. L’obstacle profite à l’émulation. L’ego est concentrique et je suis une barrique d’alcool jetée à la mer. Ma fuite est dans l’obstacle inhabité, dans l’enfui irrésorbé de ce qui s’en va pour revenir dans des habits trop grands, dans un théâtre de mascarades sans plus de pudeur.

Posté par lacollineauxciga à 15:56 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25-08-09

→ 122 – Loin des temps conçus.

MajaDesnuda

Hémorragie de brouillard dans les ouates du silence, l’acuité chiffonnée, le pur de l’instinct remplit de l’encre de nos fuites, le vide comme seul désert habitable.

Un autre temps, un autre jour, pour immoler les fadaises et enterrer les futilités. Un autre jour semblable et différent, complice aux questions sans réponse, au vivre sans mémoire, aux gestes autres que des gestes. Un jour de toutes choses et d’émotions déracinées aux fleurs de nos jardins vierges. Un jour sans nuit et sans lumière, juste fait de nos couleurs et de nos perceptions neuves.

Jouir du spectacle du monde, sentir tout et de toutes les façons et puisque l’étendue se limite à nos yeux, les fermer et descendre sous les paupières rejoindre ce qui feint l’existence pour sentir autre chose que nos pensées.

Tout échappe, la non-maitrise des sens est notre coffre fort à miracles, là où une intelligence naturelle nettoie les mensonges d’émotions prisonnières de s’être socialisées, de s’être rendues coupables de sentir en pensant.

Tes yeux calmes comme un lac d’altitude abritent une part tissée de l’eau, une ondulation douce du spectre de vie et de lumière, la dérive des heures pensées, un clapotis des rêves où fusionnent le consenti dans un silence chargé des puretés de l’air pour que battent les ailes de nos papillons qui tournent autour du cadran de nos pendules et dansent sans toucher les aiguilles.

Chasser l’illusion comme on chasse la buée sur des lunettes, virer le réel omniprésent et s’inventer aux bribes de nos souffles, créer le jour et le monde dans l’écho tonitruant des désirs qui poussent dans l’enfance, loin des peurs qui crient nos déchéances d’amour dans des ciels d’univers que rien ne peut maculer et altérer.

Ta peau où s’inscrit le rêve fou de se dénuder à la chair vive, tes lèvres où la lune éclabousse la parole simple aussi simple que le cri d’un oiseau dans le ciel, tes mains où s’agrippe le singulier du légitime et puis tout toi devenue l’impression de l’impression et le partage d’une fusion innommable, une confusion éthérée de l’idée que l’on se fait de soi.

En dehors de la vie pratique, dans la mort ressuscitée de l’irréfléchi. En dehors des vies qu’on peut toucher. A l’intérieur du baiser d’une sirène réincarnée.

Posté par lacollineauxciga à 17:08 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24-08-09

→ 121 – Vagabond cerné et aveugle.

lucien_freud_paintings

Entre la chair de la nuit et l’aube, entre la pagaille des noirs qui s’entrechoquent et la lueur toujours renouvelée d’un matin qui fixe l’horizon comme une aventure nouvelle à recommencer et à continuer, il y a la peau de l’heure où se transfuse l’énigme profonde comme un régime mystérieux.

Volonté de néant, noire. Perte d’innocence, noire aussi. Hiéroglyphes résiduels comme autant de signes où se culbutent les instants inhabitables. Toute une panoplie de noirs profonds, féroces et enthousiastes : des noirs aussi épais que des crèmes de cendres chocolatées qui se déversent sur des arbres de forêt et des paysages entiers comme le ferait une lave noirâtre ne laissant derrière elle, rien d’autre qu’un vide de formes figées et fumantes.

Arbitraires paysages défrayant la réalité du chaud et des fusions sur des mains moites où les brûlures n’ont de sens que pour le toucher, où la fumée pique les yeux jusqu’à l’intérieur de l’image reçue et où la vie fougueuse l’emporte sur la dérision d’être de la nature enveloppée et inébranlable.

Le temps donné au temps, ou plutôt le temps qui s’accapare le temps, se roule dans les heures comme un enfant dans la neige. Le temps imbriqué aux germes fertiles inséminant sans relâche le rythme qui s’imprègne au cœur des durées. Une vie légère et fluette telle une ombre difforme qui glisse sur la cadence régulière. Une envolée, une brassée de matière survole la fixité, le rigide de ce qui se voit malmenant l’invisible et qui se rebiffe toujours après, plus tard.

Passant, je passe muni d’une existence comme celle de l’univers, esclave de la rencontre des étoiles et des trous noirs. Jours confondus au sommeil des taches, je dors dans l’émotion fragile de l’indéfini des sources qui m’habillent comme un fantôme sous le drap du mystère. Dans ce monde où savoir serait vivre d’une pensée, mes sens sont inopérants de lucidité, je n’ai que la mie de mon cœur à picorer. Fidèle à un serment que mon sang a oublié, je m’imprime à l’horloge mais mon cadran joue au soleil comme un enfant sourit à son hochet. Forme morte que mes yeux envahissent pour en faire l’instrument du rêve.

Posté par lacollineauxciga à 19:06 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23-08-09

→ 120 – Tu m’accompagnes.

lucian_freud

Ce qui ne peut s’extraire des bouches et qui va s’écraser au fond de la gorge, ce qui invisible fouette le cœur comme un vent déchainé, tout s’en va gueuler solitaire dans le brouillard lapant des terres incultivées. Il faut être nomade pour envisager de fouler cet inconnu. Sans pays aucun. Vierge de charité. Livré à une éternité paraissant immobile d’où coule la fierté des temps souterrains.

La parole vide de pensée, le silence acculé à l’errance des vapeurs traversant les frontières, voilà ce qui n’existe pas prendre la forme d’un étrange désert. Paysage d’extrême aridité remplit d’axiomes perdus, champ de sable conservant en son centre la prière que l’espoir n’a pas su déterrer, que la vie n’a pas bâillonné mais qu’elle n’a pas, non plus, encerclé de tout son désir. Miettes d’échos ruisselants comme une pluie fine qui vomi le laissé pour compte, l’anonyme et l’orphelin.

Rien ne me conserve mieux que tes yeux qui m’ont recueilli à la perte. Rien ne voile aussi expressément et aussi voluptueusement que cette mer de ouate que tu as répandue sur toute l’étendue de ma déchéance. Un drap fin que transperce ta lumière. Tout est si proche et si lointain, le cœur dans ses morts passagères et le corps fendu de ses déboires à se lier au partage de ses émotions.

J’écoute battre mon sang auprès de ton feu et ta lumière me retient comme un enfant sauvé de la noyade.

Posté par lacollineauxciga à 14:28 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »