vendredi 10 janvier 2014

Pour se réapproprier le bonheur.

Hier comme demain, heures roses, heures noires, ensemble sur la grappe des jours qui offrent du pain plutôt que du marbre. Mon cœur te bricole encore. De larges baies s’ouvrent derrière le rideau froissé, une ligne horizontale porte le deuil comme un sac de diamants en bandoulière. Les épaules hautes, le profil élancé, une digue tendre s’élève là où dansent des fantômes presque nus. J’attends mon heure, les poumons aux aguets d’un fil de lumière dans l’obscurité tenace. L’inexistant fait rage à profusion. Mes rêves ne pensent plus,... [Lire la suite]
Posté par lacollineauxciga à 07:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 9 janvier 2014

La marche a modifié la douleur.

La marche a modifié la douleur. Elle a temporisé le désordre. Je suis à présent couché dans la faille des unions lointaines, des incendies déshabillés et des sagacités sans discernement. Aucun lampion ne grille aussi férocement que l’éclair. Toutes les lanternes enfourchent la nuit endeuillée de lunes baveuses. Le noir absorbe comme un buvard de soie les grives prisonnières dans la caverne à sanglots. Je marche avec toi et nous avons l’eau à la bouche. Nous sommes dans un coin du ciel, nous sommes le mendiant solitaire couché sur la... [Lire la suite]
Posté par lacollineauxciga à 10:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]
mercredi 8 janvier 2014

La lumière tombe d’en haut.

Tu n’es plus morte. L’au-delà demande trop de sacrifice. L’inconnu conserve ses questions sifflantes. Quelquefois oppressantes. La mort est un pont suspendu que rien n’attache aux berges voisines. Elle aère l’existence. C’est un verbe sombre, un écho nocturne diffusé dans le berceau des énergies déstructurées. Notre communion prend la forme d’une île déserte qui cohabite avec l’odeur du silence. Des milliers d’abeilles se sont regroupées sur les fleurs coupées par la moissonneuse des histoires courtes. Les battements d’ailes... [Lire la suite]
Posté par lacollineauxciga à 06:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]
mardi 7 janvier 2014

Le Toujours indéfini de toi et de moi.

La réalité serait parfaite qu’elle ne serait pas douloureuse. Le rêve serait magnifique s’il comblait totalement la carence. La vérité n’est pas négociable. La tristesse connaît le parapluie de l’esprit. La pensée se dilate dans l’ego. Plus de bon, moins de bon. Le lien qui attache est souverain. La possession nie l’existence du dépouillement. Je t’aime sans me conformer à l’amour. Tout est infini et sans diktat. L’apaisement repose sur le calme présent en moi-même. La joie advient sans qu’on la cherche.  Ton absence est devenue... [Lire la suite]
Posté par lacollineauxciga à 10:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]
lundi 6 janvier 2014

J’oublierais tout si tu étais vivante.

Les mots se dépensent autant que les neurones souffleuses d’amères prières : en vain. Sur chaque page blanche, la marge s’ouvre au vide béant de toutes les absences qui puissent être comblées. La pénurie laisse briller le cristal de roche où la gaieté demeure et je te vois encore dans ses reflets. La joie est une ordonnance du rêve. Tes sourires invisibles suspendent l’heure aux crochets de derrière la porte comme une écharpe de laine attend la gelée à venir. Mais l’hiver où tu es partie, je n’ai pas eu froid. J’ai mangé Noël... [Lire la suite]
Posté par lacollineauxciga à 08:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]
dimanche 5 janvier 2014

Un peu de toi vivante.

L’évidence, arrachée aux nuages qui la cache, éclaire mon visage. Quelque chose est là qui me parle, quelque chose qui ne se nomme pas, la bonté peut-être. La nuit s’accorde à mon pas et je marche dans le silence comme une pendule désenclavée au ronronnement du temps. Toutes les majuscules de l’heure se sont éteintes. Qu’y avait-il avant le mot ? Une humeur, un son, une ode d’anges poisseux ? La page blanche est aussi blanche que ta silhouette. Avec le blanc tous les deuils sont à demeure. Il souligne le mouvement des mots... [Lire la suite]
Posté par lacollineauxciga à 07:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 4 janvier 2014

La joie est toujours une trêve douce.

Nous nous tenons debout, là où tout est abandonné. Il est des jours où j’ai ton cœur dans ma bouche. Il est des heures où ma voix chante comme la lune que tu as accrochée au-dessus de mon océan d’étoiles. On pourrait tenir longtemps dans cette faille dérisoire que les sens ont conservée. On pourrait croupir comme un tronc déraciné qui n’attend plus rien. Au cœur du lien indéfectible, toi et moi marchant sur l’immensité d’un toujours. Toi et moi contrits, traînant ensemble le miel accablant de nos isolements. Mais nos voix débordent... [Lire la suite]
Posté par lacollineauxciga à 08:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]
vendredi 3 janvier 2014

Rien n’est à venir. Tout vient.

Je suis vivant dans l’œil d’un bourgeon de rose. Voilà qu’à présent, tu résonnes dans ma mémoire comme une source d’aubépine. Le nid est vide mais la présence de l’oisillon a laissé quelques duvets épars. La chair s’est défaite de l’os et il pleut des plumes sur d’autres sommets, sur d’autres lieux d’échos. Et parmi mille fragments dans ce ciel déchiré, je suis un vagabond vêtu de varech. Les soirs d’ivresse et de tourmente, je suis habillé du crachin marin qui déambule au fond de tes couloirs. J’ai repris goût aux baisers du vent... [Lire la suite]
Posté par lacollineauxciga à 10:45 - Commentaires [4] - Permalien [#]
jeudi 2 janvier 2014

Où que je cherche à présent.

Une nouvelle vie est-elle possible ? Ou bien notre passé s’imposera-t-il encore ? Je ne veux plus penser à toi dans le cadre restreint de la mémoire phagocytée par la tristesse. La nostalgie est un acte de violence qui m’appauvrit. Je veux te voler au temps et comme lui m’inscrire dans la permanence de l’insensé.    Un bourgeon dans tes yeux Flaque haletante de clarté Ton corps à naître Redevenu la géographie De la matière    Dans le fouillis de l’eau Emarge Une vague de pollens sucrés  ... [Lire la suite]
Posté par lacollineauxciga à 08:30 - Commentaires [2] - Permalien [#]
mercredi 1 janvier 2014

Cette joie que j’ai tenue.

Je voudrais encore écrire, mais ma main flanche. Les mots du récit s’enfuient. Paradoxalement, je m’assèche là où la source est la plus dense. Des milliers de ruisseaux au fond de moi se durcissent et deviennent des lames tranchantes. Je n’écris jamais autant que je ne brûle. La flamme intérieure est plus puissante que mon récit. A l’évidence, il me faut déconstruire sans détruire. Défaire la brume épaisse des mémoires nouées comme des nœuds de cravate ceinturant l’arbitraire de la déroute. Dans l’écart et le recul, toutes les... [Lire la suite]
Posté par lacollineauxciga à 16:24 - Commentaires [4] - Permalien [#]