vendredi 21 février 2014

Je ne peux renoncer à la matière invisible.

Nous sommes réfugiés dans notre intimité labyrinthique, parfois dans une méditation transcendantale. Je le sais maintenant, ma peine provient du fait que je te sens autre. Non pas à cause de la mort, mais parce que mon ego est réduit à sa plus simple manifestation. Tu t’es blottie sous ma langue comme une parole commune, comme la piqûre d’un frelon. Et, lorsque je parle, c’est la voix gonflée par tes ombres. Peut-on croire que la vie soit une promesse et la mort un salut ? Chacun a sa version. Mais chacune d’elles nous ramène au... [Lire la suite]
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jeudi 20 février 2014

Le bruit éternel du fer.

La mémoire est une varice rugueuse gonflée par les torrents tumultueux du sang qui a glissé hors de nos veines. Derrière les remparts du temps, il faudrait pouvoir recomposer les flots de l’air qui transperce le tissu des cœurs. Puis tout oublier, se défaire, se désapproprier, prendre du recul, avoir de la distance, aller au fond de soi pour retrouver le paradis perdu. Ainsi, nous pourrions peut-être renouer avec le processus premier de libération, d'émancipation et d'affranchissement. Mais, on ne se libère pas aisément du chagrin... [Lire la suite]
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mercredi 19 février 2014

Nos traces n’en sont plus.

Désormais, nous logeons dans la lumière que le soleil abandonne le soir venu. Nous restons cloués sur la trouée des chemins où s’éclate le jour aveugle. Nous respirons l’air débordant le barrage érigé pour retenir l’aride souffle de nos déserts. Je hache menue la brise où tu es passée avec moi, et je te retrouve dans les fentes de mon cœur comme par miracle. Le vent chasse les montagnes comme une simple cohorte de nuages blancs. Tu es aussi proche qu’une chaude buée de piments et aussi lointaine qu’une lune noire perdue dans les... [Lire la suite]
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mardi 18 février 2014

Nos routes s’écartent.

Nous sommes des veilleurs. Rarement des phares. Nous incarnons les veilles singulières déposées sous le fronton d’un avenir inguérissable. Le futur débitera l’insuccès des heures mortes et une lueur lointaine éclairera les baies poudreuses. A présent, la poussière profonde fraîchit. La lumière qui nous effleure a été arrachée au feu enveloppé dans nos souffles.   De temps en temps, une poutre tombe des étoiles, un pilier d’étincelles éclatantes chute sur ma voix et sur mon écriture. L’air dilué dans la fuite des... [Lire la suite]
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lundi 17 février 2014

Nos langues sont à genoux.

Nous voilà maintenant rabotés et lustrés comme de vieilles planches rafraîchies. Nos mains imbibées d’huile d’amande sont des copeaux de bois nostalgiques. De la sciure sombre tombe de nos bouches. Des granulés secs remplissent les caniveaux avant de se dissoudre comme un langage écumé. Nos voix sont des ruts enroués par les larves dévorant la parole. Et nos haleines promènent sur un vieux parquet qui craque à chacun de nos pas.   Il n’est plus question de séparer les extrêmes. Jours et nuits s’imbriquent. Chacun des points... [Lire la suite]
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dimanche 16 février 2014

Robert Misrahi

« Nous devons avoir le courage du bonheur. Il est fait pour nous et il peut être fait par nous.» - Manuel à l'usage des désespérés, page 99.
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samedi 15 février 2014

Il n’y a nul répit à l’amour.

Avec le temps, les coups sont devenus des orbes dépeuplés. Pour espérer te rejoindre, je reviens de l’escarpement de nos premières syllabes. Celles qui semblaient un cri jaillissant de l’alphabet morse. A présent, il faut se livrer nu, désencombré des trajets collectifs où se résume le monde. Il n’est plus temps d’effeuiller les fagots de notre amour. De toute façon, nous émargerons de ce fragment de gravier resté dans notre cœur. C’est une poussière chargée des diamants de la terre. Et puis, nous nous retrouverons toujours dans la... [Lire la suite]
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vendredi 14 février 2014

Il faut faire cesser les heurts.

Je tombe à la renverse, je me relève. La neige est réprimée par la chaleur évacuée par ma bouche. Ma peau est trop chaude et mon cœur trop fiévreux. Les mots et les phrases sont des impostures qui ne remplaceront jamais la densité édifiante d’un baiser soufflé de la main. L’écriture continue sa marche acérée mais l’insaisissable demeure. Nous avons retourné la terre comme une charrue écorche la surface plane des matières durcies, et les oiseaux sont venus picorer nos sillons ouverts. Le soleil résonne encore de nos pas informulés.... [Lire la suite]
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jeudi 13 février 2014

Ecrire saigne les plaies.

Sur ce mur de sang séché, une craintive orbevoie* s’implante dans le renouveau comme une fraîche délivrance. Il faudra retrouver au fond de soi ce qui n’est ni raison, ni pensées, ni spécificités, ni certitude.    * Orbevoie : Fenêtre ou arcade simulée dans un mur, sur un meuble. Il y a un fil de verre dans la mince épaisseur de l’air où se rétracte l’ombre de ta silhouette. Nous sommes intégralement étalés sur toute la surface de l’univers. L’oubli aux poignets, nous traversons le feu avant que demain ne... [Lire la suite]
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mercredi 12 février 2014

La terre comble toutes les lacunes du ciel.

Le souffle de la lumière retentit au-dessus de nos figures. Je te cherche là où tu n’es plus. Je repère ton visage en forme de citron couché sur l’écho tremblant de la paille. Tout le jaune, vois-tu, est une liqueur qui s’arrache au trop plein. Il ajoure les sols habités. Il débride les regards, il scrute la face de l’eau debout dans l’éternité. D’abord corseté par des conservatismes et des lâchetés acculant l’émotion à l’immobilisme, nous avons discuté dans la morosité de l’ennui. Mais après nos lugubres prières, tout est redevenu... [Lire la suite]
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