mardi 23 août 2011

Laisser dire.

Nos hérédités se vident dans la béance de l’autre et nous aurons tout à l’heure la sensation d’être des géants dans un monde trop petit. Néanmoins, à la ruine de mon théâtre de mots, tu m’éprouves dans le bouillon de mon volume où tonne la criée, le tue-tête des mots qui s’escriment. Mon tricot de vie s’effiloche dans les toiles, dans les trames d’une caravelle linguale précaire, dans l’étrave cutanée du dire, dans l’écume de l’expression où je barbote, replié dans la brume translucide de ton haleine. Je vais à contre sens toucher le... [Lire la suite]
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lundi 22 août 2011

Je m’achève à ton chevet.

Larmes arrachées au destin, pupitre d’eau mouillé, purin d’amour logeant l’inanimé, il faut paraître et offrir à ton regard des givres pourléchant la vitrine. L’éloignement a perdu la salive des mots, mais la parole asséchée garde encore une part de candeur lisse dans son panier.   Simples vivants, parmi la foule, l’amour et la joie sont les deux anses du bonheur. Il faudrait tout recommencer sans rien défaire. Découdre du menton les mots qui ont ruisselés, débâtir l’estrade de la parole, et le lien des eaux qui s’abandonne... [Lire la suite]
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dimanche 21 août 2011

De bout en bout : l’intention.

Une bicyclette en haut dans le ciel ! Je touche à tes cheveux. Au bout des aires blanches des oiseaux sont à bout. A bout d’ailes, à bout de souffle, au bout du bout dans l’escalade du vertige qui pique dans le crâne et sous les pieds. Après de multiples vérifications métriques, comme vite désorganisées, des sentences moralistes s’écroulent. Le repos n’est pas dans le fond de tes yeux. Ils ne me rendent rien. Non. Un répit affalé sur le canapé vieillot s’est trompé de rêves. Il prend un autre train. Tout s’enfuit à l’Est à la... [Lire la suite]
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samedi 20 août 2011

Une brève rumeur traverse nos corps.

Le ciel tout d’art rempli dégurgite sa mousson. Sa blouse épaisse enveloppe d’un blanc sculptural la lumière endolorie. Le calme comme une fontaine sans eau influe le rythme des peaux. Messager sans message, il nous regarde lorsque nos voix chutent de la montagne. L’argile moule le sommeil des anges. Nous nous berçons comme des perles de rosée sous la brise matinale. Dehors, la chaleur est pire que dans nos mains. Nous touchons la vapeur de nos bouches. Et des cigales s’envolent de nos lèvres.   Longueur du temps mesuré de... [Lire la suite]
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samedi 20 août 2011

Je dors éveillé.

L’anémie du regard dessine une bévue. Tes mains fouillent ma langue, mon corps, mon sang. Et puis, des fruits frais. Du mou pour les arbres et les feuilles. Une rime assoupie se réveille comme un enfant le jour de son anniversaire.   Ce n’était que du temps. Temps de vacances terminées, temps alphabétique. Girouette sur la tête et le vent qui passe. Et puis, s’échappe la criée du matin blottie dans le ciel. Et puis, le revirement, le revivre et le sceau d’un tampon sans encre.   Demain.     L’air dans la... [Lire la suite]
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vendredi 19 août 2011

Il n’y a que…

Dans le duvet de tes yeux le souffle lent des brises douces. Deux mots de rien. Une pie bavarde sur l’étendoir. La culasse du tracteur a cédé. Derrière la maison traîne toujours des cartons.   Sur ta langue, l’ortie des jours blêmes. Ton tiroir est vide.  Le mouvement de la vie, arrêté. Sous tes paupières, le vide. Comme une sieste imprévue.   Dans ton cœur, des baguettes de sourcier. Ta voix vibrante et tremblante. Même dans le murmure. Où est cette source, ce fil d’eau, cette pichinade humide ? ... [Lire la suite]
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vendredi 19 août 2011

Plus loin, une planète.

Une miette d’orge génétiquement transformée n’a de cesse de modifier l’organise de ma terre. J’aime sans savoir, et je sais sans aimer. L’addiction projette et me projette. Il n’est plus possible de vivre sans projection.   Demain a cinq jambes et Fukushima produit des squelettes transparents qui s’incrémentent au temps. Des lunettes de soleil se fendillent sur les yeux du progrès. L’heure s’allaite dans la moiteur des degrés accentués. Nos bouches se rejoignent et des serpents s’enlacent sur nos lèvres.   Je me... [Lire la suite]
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jeudi 18 août 2011

Détour.

Tous les cœurs sont parents. Portes ouvertes où nulle cérémonie n’a eut lieu. Le suicide divin des arbres où ravinent les ombres désespérées. Je pose ma main sur les cendres de ton cœur, et c’est le rêve qui disjoncte. Lumière de frayeur entremêlée à la joie sereine, il pleut des courgettes sur l’œil troublé de la serrure de mon jardin.   Tu passes et tu perles. Tu passes et je suis. Tu passes où la marée a déjà débordé.   Des larves grouillent comme des crapauds. Les idées tombes comme des couettes fripées. Je ne... [Lire la suite]
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jeudi 18 août 2011

Ramassis de brouillard.

Toutes les personnes que j’ai péniblement haïes sont mortes. Hasard malencontreux, je n’ai d’autres choix que d’aimer si je n’escompte pas décimer l’humanité toute entière.   Fulgurance de la pensée où l’on ne s’échappe pas, à soi-même, de soi-même. Gravité de l’audace égocentrique. Patrie rugissante de la chair déchirée, la foudre cultive l’espoir de la cendre.   La dictée du sentiment où se couche la tempête dans le patchwork d’émotions se transforme en bouillie chaude de sensations. Vomissements des cris lointains,... [Lire la suite]
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jeudi 18 août 2011

Broutille. (2)

Dans le prépuce de ta voix, le murmure qui susurre la blessure qui te nie et t’adule tout à la fois. Le son premier, originel, où s’ajoute le refus, la révulsion et le malaise d’une unité revisitée par ta langue, par ton chevrotement, par la déchirure des échos où résonnent les similitudes. T’aimer est fondé à la rencontre de ton énigme. Tu es mon risque choisi, ma défenestration consentie. Dans cette approche où l’infinitésimal se conjugue aux plaies et à l’espoir des cicatrices, tu es mon attente précieuse dénonçant mes fripes et... [Lire la suite]
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