mercredi 26 juin 2013

À l’échappée.

L’heure est ouverte. Toujours. La seconde offerte à la vie, la durée la zappe et ne s’en souvient que si elle subjugue. Sur la table, proche du mur où repose l’horloge, un vase et un bouquet de fleurs. Au fond de l’écuelle, un peu d’eau pour maintenir la vie et la couleur. Une gorgée de lumière dans le sillon qui traverse la pièce. Tout est calme et silencieux lorsque le temps sonne la cadence. Le rythme régulier du tic-tac ressemble à celui des vagues uniformes venues mourir sur la plage. Il est midi, il est minuit. C’est toujours la... [Lire la suite]
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jeudi 2 mai 2013

Mais oui, mais non.

Le chemin d’amour ne nécessite aucune connaissance. Il s’accueille, se vit, s’épouse et laisse sur la langue de larges traces, épaisses comme des croûtes de pain après la cuisson.  Du muguet entre les lèvres, les dés du destin entre les doigts, j’attends que le train passe. Mai ou pas, le conditionnel montre d’un geste confus la route sur laquelle poussent des étoiles.  J’ai cru voir, dans l’allée ouverte, la venue d’une corde ou d’un fil. Des mots en danseuses aux pieds nus s’accordaient en une chaîne d’humaines... [Lire la suite]
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samedi 13 avril 2013

Fantasme irrévérencieux du rêve inachevé.

Il est des temps où l’esprit s’accoquine. Dans la tête, des châteaux de sable fournissent aux rêves inféodés les remparts de pierre de l’encerclement. Les ruelles conquises offrent les possibles échoppes des cœurs et des sens. Le fantasme s’ouvre d’un Sésame salvateur. Le temps d’un songe alambiqué vient secouer la malle des copeaux inutiles. Je t’ai connu là, dans ce temple orgiaque des idées charnelles criant leurs avidités de crocodiles. La peau du rêve plein la bouche, tu auscultais le dérisoire de tes lèvres goulues et... [Lire la suite]
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mercredi 23 janvier 2013

Ecriture ?

Il y a trop de mots dans cette corbeille. De tout et de rien. Des phrases sans plus d’idées, des semences sans graines, des tubulures désossées, et puis des sentences sans convictions et des expressions où la vie n’est plus. Je n’écris pas, je récite. Je ne parle plus, j’écris. Le mot ne cherche plus d’attraits, il grimpe du vide pour venir sécher la langue. Non, je ne récite pas, je raconte. Je te dis une histoire, mon histoire. Mais, ce n’est pas moi qui parle, c’est le parfum de vieilles tisanes qui refluent d’il y a longtemps.... [Lire la suite]
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samedi 24 novembre 2012

Patati patata.

Thé vert aux pignons posé sur la table. Poches du vendredi soir accrochée à la nuit. Valise d’amour-propre jetée dans la baignoire. Lèvres ouvertes dans l’attente. Dans l’attente du vide sifflant dans les oreilles. Sur la table, des miettes de thon cherchent la mer. Je campe en moi-même au cœur d’une clairière. J’ai vu le loup, il cherche Blanchette. J’ai vu Blanchette, elle cherche le loup. Rien de terrible en ce moment. La colline écoute la voix qui la berce. Je suis rouillé comme une pièce de cuivre. Je ne vaux même pas la... [Lire la suite]
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lundi 9 avril 2012

Typographie prés du feu.

Parfois, je tire à moi la couverture du crépuscule et je m’asperge de la voix qui remonte de tes images. Tu es présente, toute proche, vibrante. Sans que tes yeux ronds, véritables boules d’agates étincelantes, ne rompent avec le bruit de verre brisé qui tintamarre sous ma langue.   La longueur du temps nous rapproche à l’instant évanoui qui se réveille dans la poche sombre où chute le jour embretellé aux miroirs de nos ombres.   Dans la couenne de la tendresse, l’ogre du souvenir dépenaillé dépeuple la... [Lire la suite]
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mardi 3 janvier 2012

Une chute.

Tombé du premier sommeil à l’insu de la nuit Un rêve rebondit sur une couronne d’éclairs Tes yeux brûlent le fond de ma gorge   Le jour dérape et fond comme du beurre au soleil L’entaille sur nos ventres feinte l’attache Sur la chaussée, des heures éventées pleurent la nuit dissoute Deux cœurs se sont pendus au carrefour des vents   Je cours dans le tohu-bohu de mes élans Plus aucun ne me reconnaît Je suis crucifié à l’air   Deux verres sont posés sur la table Des rires flottent sur le breuvage J’ai... [Lire la suite]
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samedi 31 décembre 2011

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Deux visages égratignés de prières Trop de points couvrent la page Je ne trouve pas le mien Deux plaies jeunes et jolies Trop de jour dans la clairière Un âne se perd dans le noir Deux vizirs pour une seule coupe d’or Trop de bruit dans l’ombre Un pigeon vole sans ailes Deux sourires dans une valise Deux robe de chambre sans lit Deux histoires attachées Au mouchoir de larmes lunaires Deux souffles plus graves que la nuit Caressent l’épine d’une rose Il pleut un interminable grain Le sable s’éveille sur le bord de tes... [Lire la suite]
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jeudi 22 décembre 2011

Testament du foin.

Je suis un peu d’ombre indocile sous la branche du jour. Une onde fragile répand de longs parfums de cristal sur le cerceau squelettique du silence. Je suis goinfré de pelures d’air. Je porte au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien. Un peu de bruit passe furtivement et laisse une traînée de fumée blanche au cœur du noir souverain. Quelques gouttes de salive glissent entre les doigts râpeux des circonstances inadaptées. Je n’ai plus de corps à la portée des cris refermés dans la... [Lire la suite]
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dimanche 18 décembre 2011

Ecrire ?

J’écris pour prendre de la distance avec moi-même. Car, plus on se sent proche de soi, plus on s’éloigne des battements de l’air résigné qui nous traverse. Mille et une clairières infusent dans les mots qui me viennent. Aucun ne sait dire l’ouragan qui décoiffe mon cœur. Ce qui m’inspire dépasse l’entendement que j’ai du monde et m’accompagne au-dessus des futées de la raison. Mon réceptacle de chair n’est pas fait pour endurer le temps qui ronge les heures. Ma parole, c’est ma vie qui se découd tout au long des berges de la clarté... [Lire la suite]
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