DSC_0144_France_Nu_Femme_grande_chaumiere_0_43x0_56La source ne tarit pas. L’eau brûle nos figures. Le feu est un bouquet du premier jour. Un sentier de mouchoirs borde le Mistral qui nous pousse dans le dos. Salves d’air en remous, tourbillons remontant nos narines. 

Il fallait creuser dans l’ombre longeant le mur. Alors, j’ai ramassé des pierres et des glycines. Un peu de lierre dans la buée des choses sans nom. Nos empreintes se touchent, ta voix est une croche dans mon soupir. Nos terres regorgent d’amour et le ciel à l’unisson nous accompagne de ses mélodies hors nature. Dans l’extrémité où planent des moineaux, des platanes s’envolent laissant place au canal criblé de nuages blancs.

Nos voix sont fermées à clef, de l’intérieur, et les mots d’amour incendiés se retrouvent dans le désastre des gestes incompréhensibles.

A toi qui n’es pas là, je peux le dire, si la mémoire flambe aujourd’hui comme un feu de forêt, c’est que mon cœur s’acharne à brûler l’aube qui t’a suivie. 

Caravane d’émotions transbahutée dans le jour replié sous la terre. Tes yeux au-dessus de tout soupçon, à la lisère des souffles. Crémaillère accrochée au silence, je bute encore sur le linge où tu te caches. 

Il appartient aux étoiles de travailler à la construction de l’infini. Nous parlerons à la terre, aux herbes et aux fruits. Un mot suffira à dilater nos clapotis d’enfant. Nous ressusciterons comme les vieux troncs d’oliviers fendus par le froid sibérien. De jeunes pousses sont déjà incrustées à la paume de nos mains. Dorénavant pour saisir les heures enfuies, nous tremblerons avec l’air lorsque le tonnerre claquera sur nos cœurs. 

Rien n’a plus d’audace que le jour

pour terrasser toute une nuit.

 

 

- Bruno Odile - Tous droits réservés ©