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La vie comme le vent, c’est le mastic des heures mouillées. La nuit qui s’éclaire dans le balbutiement des souffles inédits, c’est le dérisoire qui devient extravagant. Il y a dans la force de la mort tous les regards restés coincés entre les rives. Nous deux, nous sommes le cadeau hors norme forçant la légitimité de l’être. L’amour

Criblé de balles à blanc, nous étions les victimes consentantes des baisers qui s’envolent. Une colombe éternelle plane sur nos cœurs. Le vent acquiesce au calme qui le suit. Le vent n’attend qu’un signe pour ôter le désespoir du monde. La terre aime le soleil, la terre aime le vent. 

Le travail du vent jusqu’à nous. 

Presque rien, et pourtant quelque chose se régule à l’intérieur de moi sans que je sois complice à ce mouvement. Mon amour est une bergère qui grimpe la colline. Une fleur promène sur les sentiers sauvages sillonnant l’exquise broussaille piquante qui se profile à perte de vue. Sur mes lèvres, ton parfum est une saison lavandière. Je mâchonne une tige douce comme une tétine.  

Ma plaie incontinente s’écoule sur les pentes solitaires. Une cicatrice traverse la montagne. J’ai vu mourir tant de choses animées qu’à cette heure avancée je ne distingue plus le jour qui se cache dans les ombres. Je suis un peu de cette eau retirée à la pluie. Devant moi, des moutons broutent l’arpent sucré et je ne vois qu’une couverture de laine blanche. J’ai chaud et j’ai froid en même temps. Sous mes paupières, tu passes et tu repasses avec ton chapeau de paille. Et, mes yeux frictionnés par tes allées et venues s’enflamment comme une mèche allaitée par la mémoire brûlante. Peu à peu, nos fronts disparaissent dans les foudres, les boulines du jour agrémentent déjà demain.

 

 

- Bruno Odile - Tous droits réservés ©