mercredi 9 octobre 2013

A l’arrachement.

- I - Diminué physiquement, les petits obstacles du quotidien deviennent vite des contraintes insurmontables. Le dépassement prend alors une figure migrante. L’asservissement de l’espace n’a plus l’impact autoritaire que je lui connaissais précédemment. Il n’y a pas cependant de véritables efforts à réapprendre les gestes de tous les jours, juste une gêne aléatoire alourdissant les actes. Une mutation pour la survie réapprivoise l’appétit à vivre. Les désagréments occultent un temps la perception des objets et des formes. Le corps... [Lire la suite]
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mardi 8 octobre 2013

Olympia Alberti.

C’est au-delà du temps : une cloche du soir, là-bas, Déverse, inattendus, les poèmes de la petite enfance Qu’on savait d’un souffle et qu’on a oubliés Ou seulement écartés Et laissés seuls, Mais sans doute n’est-ce jamais fini Le signe qui inscrit La voyelle qui chante, Le poème c’est Tous les jours commencer    D’où me vient ce soir Qu’il n’y a pas de solitude Quand bien même on est seule A jamais, Qu’il n’y a pas d’absence ? Et que le cœur est plein De ce qu’il a donné et donne Chaque jour... [Lire la suite]
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mardi 8 octobre 2013

J’écume l’heure nouvelle.

J’habite une maison sans clé. Entre l’océan et la mer, les plages et les falaises contribuent à l’épanchement du vin que je bois. Sans toi, les rives qui jalonnent mon existence n’auraient jamais été ce que je pense maintenant. Je ne cautérise pas les plaies, je les noie dans les aubes futures. Je catapulte ce que j’ai acquis d’expérience sur le précaire rebord d’où je vois l’horizon. Je tiens à conserver ce que je ressens mais je m’en défais à chaque marche nouvelle. La lutte pour la survie engendre la métamorphose. Je mue vers... [Lire la suite]
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lundi 7 octobre 2013

Mon cœur est un doigt tendu. Il te désigne.

Chaque fois que je redonne corps à ta présence, je réinvente en même temps la charge d’émotions inséparable à l’image que je conserve de toi.  Et, je suis contraint de réconcilier le temps en une seule histoire. Parce qu’ici, le temps est claustrophobe. Il se répète dans l’étouffement qui le caractérise. Il pioche dans l’espace l’abandon qu’il réitère après chaque rupture.  Je ne veux pas faire l’économie du gaspillage. Je ne veux pas voir les traits abstraits des intervalles qui sucent la vie pour l’amener à la nuit noire.... [Lire la suite]
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dimanche 6 octobre 2013

Olympia Alberti.

« Je vous regarde, mon amour, et il me semble que j’apprends à naître, que des regards viennent au bout de mes doigts, de ma respiration, que ma peau se dilate de la lumière d’aimer, que du ciel agrandit mon regard de plus de bleu et que je vais me dissoudre de cette porosité qui me fait l’être comme une seule traversée. Comment m’étonner de la tourterelle qui s’ébroue dans ma gorge, de mon cœur qui s’affole et bat des ailes dans une cage si étroite pour contenir et embrasser tant d’éblouissement ? Ce qui me prend et... [Lire la suite]
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dimanche 6 octobre 2013

Nos cœurs sont des nids d’étoiles.

Je suis le dernier de nous deux à serrer la poitrine de la mort dans mes bras. Je suis seul à longer les pointes saillantes qui entourent ta silhouette devenue la bogue d’une châtaigne. Chaque serment accordé à la vie augmente la détresse silencieuse dans les mailles de nos cœurs épuisés. Chaque promesse d’amour béatifie le manque que nous avons ressenti. Derrière nous, les pinèdes ont laissé place à des incendies. Nos berceaux ne sont plus que des cendres éparpillées par le Mistral.  L’amour ne sait pas adhérer au vide. Il... [Lire la suite]
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vendredi 4 octobre 2013

Le temps nous a filtrés dans sa passoire rouillée.

Depuis la première heure versée, depuis nos départs enchevêtrés et mon retour invincible, le crépuscule crépite comme une fontaine d’échos barbouillés. Et je vais chercher dans chaque nuit le tremblement qui s’échappe de ton silence. Je puise dans le vide l’éternité qui s’y est crevée. Je te ramène dans les filets de mon arc-en-ciel. Dans l’effervescence des parfums qui se mélangent, ma voix rampe jusqu’à ta source. Un archer dans mon cœur jette sa petite pluie de bois pointu. Un regard aura tout volé. Une caresse redonnera tout.... [Lire la suite]
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vendredi 4 octobre 2013

Chacun cherche une issue.

Le recommencement démarre ici.       Jouons de la guitare sans corde            De la musique sans note                 Mimons la farandole des lacets de l’heure                      Ecrasons-nous les orteils sur le présent de nos ombres ... [Lire la suite]
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jeudi 3 octobre 2013

Ecrire ?

Il est des jours où les mots entrent dans ma bouche comme une catastrophe. Ma main les écrit sans trembler, pourtant ils vacillent et font s’écrouler le monde qui m’entoure. Je ferme les yeux et, sous mes paupières un peu lourdes, naissent des paysages extirpés des ténèbres. Des papillons jouent prés d’un tronc échoué sur la plage déserte. Des mouettes crissent sur le ciel devenu une ardoise. Un chien errant cherche un repas possible. Tu n’es plus là. La souffrance sentimentale tue aussi sûrement qu’un matador. La nudité de la... [Lire la suite]
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mercredi 2 octobre 2013

Le surhaussement.

Notre chalutier est resté arrimé dans un port invisible et nous le peuplons de nos fantômes. Les gréements de l’embarcadère grincent chaque nuit dans nos rêves dissipés. Le frottement du bois et l’ondulation douce de l’eau laissent s’échapper des bruits qui paraissent venir du fond des cales. Le port inhabité expire de longues vapeurs marines. Nos vies antérieures macèrent comme des fruits mûrs dans de l’alcool. L’air est humide et il enduit nos fronts. Les yeux nous offrent un spectacle de désolation. Une crique mortuaire remplie... [Lire la suite]
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