Parce que, quand même.

"Parce que, on ne sait pas, si on rentre, encore, si tout s’achève ou continue, la moisson déposée, le fil, dans la main et les étoiles au ciel. Il fait beau et, quand même, sur l’œil, le noir. La vie en son détour, sont revenus les signes et les cœurs où sont encore les silences, les doutes et le silencieux sillon.

La voix claire mordue, le sommeil du souverain, la place sous le ciel, le droit, la vengeance, le retournement et la suite, il file sur l’air pur, il boit des yeux de nacre. Il dérobe un à une les présences, le temps suspendu. On sait, rien, on doute et on accroche un fil noir dans l’œil, une voix portée plus loin et des cœurs émus en espérance.

Il reviendra, il reviendra, parce que, il rentre, il finit d’un doigt le signe dans le ciel, la clef sur la voute tendue. Ô, les fleurs et les remords, les souvenirs d’une branche à l’autre, il se tourmente, il s’exécute, il se donne du fil pour tordre le passé, la vie en apparence, le calme détendu.

Il se pose et voit une fleur jaune, une fleur rose et des enfants mouillés, ils sautent une marche, ils tirent la jambe, ils raclent le fond, le jardin est perdu, la vie est en tourmente, il se donne aux abeilles, au miel et cherche des routes inconnues, des transparences entre les cils.

Ils mentent, comme si on dormait, comme pour rêver au retour, la fin le tient tout proche. Ils raclaient le sol avec le pied, brusquement arrêtés pour inventer la course des animaux sans voix, des peurs entrelacées, la vengeance au ciel pâle, le tour détendu. Il est incertain et il affirme le temps retrouvé.

La conclusion sans drame, les animaux muets, le pied au sol qui racle le cœur, ils osent les rubans jaunes et roses et les enfants anciens rient de l’éternité. Sur le devant sur le sol, étranglés et sans rire, ils foncent et brusquement saisissent un pied, l’autre, ils sont tremblants et pâles, sur un terrain conquis.

Ce jardin pour en haut, cette vallée sans larmes, ils écorchent chaque genou qui passe, ils affolent les yeux et tirent sur la corde, le câble, le filin, le bout d’un bateau dans l’ombre, d’une voix étranglée, d’un calme et d’un appel, entendez bien, entendez bien.

Ils passent et repassent et inventent la course des animaux sans âges, sans cornes, sans odeur, le monde est ébranché, la poussière vole. Ils finiront dans l’eau et tourneront à l’ombre. On ne sait si l’on rentre et si l’on sort, on ment, on perd à chaque fois un peu de chair et son poids d’âmes vives.

Ils sont étendus au rocher, ils tirent et accordent, la musique du ciel, les serments sans retour, envolez vous, envolez vous oiseaux et répondez. Ils sont cachés et nus et frottent l’ombre même, un regard, un espoir, un sanglot, une union, ils étaient sous la roche et la chair vive frottait la terre sèche.

La peau et le sommeil, le rire entendu, les animaux sans voix, le calme, les fleurs jaunes et roses, il est accroché et invente un mensonge, encore, une illusion, pour se dire rentrons nous, sortons nous, non, il ne va pas pleuvoir, le pied brusquement arrêté érafle la poussière, le calme est toujours.

La vie entière, il dépose un regard, il file son œil noir, il est sincère et clair et tenu sur la rive du monde. Enfin, il se dirait, parce que, quand même, rentrons nous, sortons nous, sommes nous bien sur ce terrain, la chair est vive, le temps est clair, les animaux muets griffent la poussière.

Tout s’achève et on continuerait."

 

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