Des nœuds sans couleur tiennent ma gorge au plus prés de ton absence. Ma nuit s’est vidée sur l’aurore qui peine à franchir la lumière. Je me rappelle du noir comme d’un combat de forces obscures où mon rêve s’embrouille. Le gardien du phare s’en est allé. La mer brouillonne dans son écume blanche a absorbé l’horizon. Il n’y a plus de frontière entre mes doigts de peine et la caresse qui danse dans ma mémoire.

Tu es sur toutes les berges où l’eau se meurt. Il pleut dans mes yeux et le salin creuse mes paupières à l’envers du regard. Je respire à pleines bouffées l’iode qui se répand et mes poumons sont des filets de pêche. Une maille déchirée laisse courir jusqu’à mon front. J’entends frapper à toutes mes portes. Tu n’es derrière aucune. Je ne te cherche pas. La marée m’envahie.

Des étincelles de sel frictionnées par le vent marin crépitent tout autour de moi. Une tempête de clarté irrationnelle me déconnecte des ténèbres. La nuit s’en va vers d’autres altitudes. Je porte un brassard noir sur le bras gauche. Tes yeux sont des olives volantes qui me ramènent d’un voyage perdu. Je pose mes pieds sur la colline où un épervier de passage chante comme un coq à la levée du jour. Tu souffles sur l’ombre derrière nous. Une ancre de thym enlace mon cœur.