Je raffûte. J’ai reçu plus que je ne contiens.

J’ai fais avec moi ce que l’on fait avec l’angoisse du monde

Je discute toujours trop avec les silhouettes qui me traversent

Sous mes paupières, un hall de gare, une place pleine,

Une durite gorgée de cris et de cognées intempestives

De longues tirades giclent sur des falaises

A jamais sculptées par un ego sans pareil

Commencer une phrase étourdie le silence

J’ai perdu le sens des choses dans l’écho unique

D’un bouche-à-bouche avec moi-même

L’amour s’afflige d’un seul souffle

Reste à aimer le cœur des autres.

 

L’amour est un baiser projeté à l’indéfini. La perte assiège le recommencement jusqu’à le faire naître.

Un bloc de glace fond au soleil et l’eau retourne à la mer. L’amour fond sous la langue comme un sucre brûlant.

Je ne sais plus pourquoi je vis et je m’en fiche.

J’ai appris ce que je récite. Je parle dans ta voix où je cueille ta présence si irréelle.

J’ai cru te reconnaître comme la double échappée de mon âme.

La crue était trop grande et j’ai noyé mon cœur pour ressusciter le tien.