pp_prud_hon_cor_h580__111baddRets amincis, drailles inégales, effondrements des mémoires trop chargées et trop lourdes. Ta balafre atavique, native, est comme un ara déplumé de couleurs, comme un ion éclaté, comme un rêve évaporé, comme un sac semé de mots et d’écoles de tous âges. Becs crochus et durs de l’ivoire de tes songes cognant au tronc de ton crâne et au sommet de tes forêts vierges.

L’imaginaire a la nostalgie du silence des étoiles, et nos cœurs sont cagoulés des parasites velus. L’éternuement d’une araignée se suffit à lui-même. Parfois le souffle toque sur des cloches qui rendent sourd.

Ecorce bavarde refoulant l’afflux d’adrénaline comme des vagues montantes et incertaines. Peau aux racines égarées, perdue dans une Eve de sable. Sirène de grains gorgée de dérives et de dédales labyrinthiques. Nos vies à cloche pieds du destin et du hasard s’enflent des voyages sans retours.

Je marche et je vacille. Ou bien est-ce la promenade qui titube sans fin dans l’équilibre de l’éphémère. Il y a, ici, l’anamnèse tumultueuse d’espaces binés à coups de savates. Le retour d’un futur de soleil et d’ombres marécageuses. Il faut aller dans les détours courbés de la marche longeant des rues invisibles, dans les déserts souffrants leurs souvenirs de coquillages.

Arrérage du sel, océan à mots, jachères du récusé, le rêve sans but a l’appétit des ogres qui font festins d’illusions converties en contes, en romances, en perles vivaces de casses voix. Partout, des brisures perlées qui s’atrophient à la gestuelle de l’air. Des statues de vents, sur les stèles du temps, s’époumonent à ne rien conserver et à tout prendre dans leurs bras où s’endorment des constances hypothétiques et friables.

Haleine de la voix percée aux rimes de sa fragrance, dans le déni des lapsus, dans l’écumoire à murmures des rythmes qui fredonnent le goût de l’acier et l’odeur des brûlures.

L’opiniâtre désarroi des insatisfactions gluantes bavant l’amertume des non-dits, enterrés sous des tentatives effondrées et parlant encore du bruit des feuilles mortes.

Démission des masses contractées qui dorment dans le chaos. Ici, on amorce le néant comme une fontaine vidée d’eau, comme une source qui cherche sa naissance au bout de l’épuisement. L’élan perdu dans les couloirs bleus du ciel, résigné sans le savoir à écoper le débordement des eaux usées de n’avoir su.

Il y a le courage de mettre fin à ses jours et celui de continuer à vivre quand tout nous en dissuade, vacille et s’effondre. Il n’est pourtant pas d’autre courage que celui d’affronter le vide et d’apprendre à mourir dans cœurs atrophiés de cette vie qui pend à nos cous comme des colliers d’apocalypse.

Inutile de chercher autant dans l’écho la résonance de tes chutes, de tes ergots et de tes sédations. Il faut écoper et écoper encore…

Tes yeux sont tes valises de jouets anciens. Tes mains tremblent des rumeurs étouffées. Ton corps tout entier est immergé dans le fourbi des sucres et des bêtises héritées. Tu flottes dans une bassine bourrée de désirs appartenant à d’autres que toi.

A trop vouloir construire du bonheur, on s’évade de soi. Il y a une crèche enfouie sous des mémoires qui ne sont plus tout à fait tiennes. Tu te liquéfies dans l’éclatement, dans l’éparpillé de ton désordre alimenté par la lassitude des projets inaboutis.

C’est le Tétanos des os sans sépulture, le bal de poussières où se détrompe la mort. Le sursaut réside dans la soif avide du sable. La mort n’est pas un refuge dans l’îlot de tes purges. Ici, il ne reste que la trace du rocher au bout de la jetée. Je sais néanmoins ton sourire prêt à jaillir comme une lumière frondeuse percerait l’immobilité que tu m’as laissé.

Chair crue et pâté de pensées buvant à l’élixir des mots d’amour comme l’enfance biberonne au sein de la vie. Il ne faut obéir qu’à soi. La charité humaine n’appartient à personne.

Tout a cédé. Tout s’est replié. Et tu as emporté en ton sein l’avenir qui se proposait comme un allié.