de_dos_nueAmours insensées rompant avec la monotonie du sentiment léger où prennent corps les mouvements de l’âme, je suis un puits creusé dans la pierre dure des perversions. Outre l’équilibre précaire des racines du temps, l’insensé sommeille dans la joie de vivre lorsqu’elle souffle sur le désir comme sur une bougie qui se rallume indéfiniment. J’ai perdu ma liberté d’aimer dans un seul amour. Elle court dans une rivière borgne et je coule avec elle.

Ton ombre est une fine enveloppe de bruits délicats. Elle crépite comme un buisson de fougères sèches balayé par le vent. Il ne peut y avoir de durée en dehors de celle de tes yeux. Langues myopes incapables de révéler le bonheur présent. Pourquoi le bonheur vécu serait-il toujours derrière nous ? L’amour ne réclame ni obligation, ni sanction.

Maintenant, la joie cajole mon esprit ouvert à tes fibres et je reçois ta salive en pleine figure. Mon sourire patauge dans le miroir distendu collé aux pupilles. Le regard s’émousse puis tombe en arrière. Il rejoint l’illumination et se frotte au blanc aveuglant et invisible de la providence. Le nombril de mes yeux se libère et se déficelle. L’horizon plante sa pique sur l’embryon frotté par les caresses. L’amour égoïste lui donne à nouveau sens. Je garde mes lèvres aux seins des nuages. Je ne veux plus partir. J’entends s’écouler le lait tiède des mamelles de l’air. Tu es l’œil du bourgeon et le ciel embrasse le vent sur l’aube qui suce la lune.

Transformé, je poursuis devant.

Je veux récurer l’absence de sa part morbide. Trop de pensées sont devenues un pèlerinage démantibulé où la rupture griffonne sa violence. Il aura fallu des milliers d’heures et de nuits suffocantes pour qu’enfin je renonce aux souffles courts et à l’épuisement des oasis. L’horizon s’est élargi comme le cercle que fait un caillou jeté à la surface de l’eau. Plus le rond s’agrandit, plus il s’appauvrit. Plus le trait s’écarte de son centre, plus les rives attenantes semblent des terres improbables.

Je cours sur l’horloge et je trotte sur l’encre. Je veux laver les gousses de l’air avant de les respirer à nouveau. Une vie d’amour s’efface comme les fleuves disparaissent dans la mer. Le bruit des vagues est tout ce qui me reste. Et le vent nettoie la mémoire. Le feu connaît la passion liquide qui remonte jusqu’au ciel. Mes mains sont les pâles tournantes du moulin. Le grain de nos peaux se mélange à la farine des ombres.

La vie déraille depuis plus de vingt siècles. Chaque jour qui passe est un dévergondage du hasard, et cela fait tourner la tête, et cela fait se retourner les cœurs.

Tout se poursuit et recommence autrement. Mais mon amour demeure identique. Il est sculpté dans l’aube qui me réveille. La mémoire oblitère le manque de son poinçon de marbre. Chaque nuit passe sa main sur les lèvres du rêve rédhibitoire. 

Le jour s’apparente à une longue marche confinée entre une transhumance permanente et une dépossession organique. La vie éternellement commencée, inachevée, sans véritable fin supposée, reste imbriquée tout au fond de la rétine du temps. Chaque détail de solitude augmente la peur qui taraude l’existence. Une peur lancée comme une balle verte sur un terrain de golf. Toujours projetée vers le trou sans jamais l’atteindre.

L’espoir dans sa robe décousue n’advient qu’après la culbute des ombres. Il lui faut évacué toutes les bourres de crasses spongieuses et tous les duvets sales amassés dans la brouette d’amertume.   

Tu as préféré la haute voltige dans sa forme la plus désespérée et la plus crispée. L’acte définitif enfante des murmures étalés sur les buées inhalées. Je me suis saoulé à petites gorgées, j’ai recousu l’empreinte de nos souffles et je l’ai recouvert du châle d’amour que je te tends par-delà les rideaux frustrés.

Tu as rejoint les paradoxes, l’aliénation du non-être dans ses apparences accolées au vivant qui bouscule, au vivant qui transgresse. Tu es parvenue à cette démesure qui se reflète sur des cadrans déréglés et obsolètes.                

Tu veilles à présent sur la lueur éternelle des ombres du temps écoulé comme un phare invraisemblable posé sur le chaos.

La vie comme le vent, c’est le mastic des heures mouillées. La nuit qui s’éclaire dans le balbutiement des souffles inédits, c’est le dérisoire qui devient extravagant. Il y a dans la force de la mort tous les regards restés coincés entre les rives. Nous deux, nous sommes le cadeau hors norme forçant la légitimité de l’être. L’amour.

Criblé de balles à blanc, nous étions les victimes consentantes des baisers qui s’envolent. Une colombe éternelle plane sur nos cœurs. Le vent acquiesce au calme qui le suit. Le vent n’attend qu’un signe pour ôter le désespoir du monde. La terre aime le soleil, la terre aime le vent.

Le travail du vent jusqu’à nous.

Et puis, nos fronts où disparaissent les foudres. Et puis, les boulines du jour déjà sur demain.

Le souffle de la lumière retentit au-dessus de nos figures. Je te cherche là où tu n’es plus. Je repère ton visage en forme de citron couché sur l’écho tremblant de la paille. Tout le jaune, vois-tu, est une liqueur qui s’arrache au trop plein. Il ajoure les sols habités. Il débride les regards, il scrute la face de l’eau debout dans l’éternité.

D’abord corseté par des conservatismes et des lâchetés acculant l’émotion à l’immobilisme, nous avons discuté dans la morosité de l’ennui. Mais après nos lugubres prières, tout est redevenu comme au premier jour. Un morceau d’amour tombé sur nos cœurs en jachère a élagué l’axe des terres fragiles. Au loin, dans la clarté essartée, une foulée de tendresse goguenarde a sauté l’air et nous existons à nouveau dans l’étincelle qui parle de nous.

Nous nous sommes embronchés à l’écosystème de nos humeurs parturientes. Parfois, le vide lié à ton départ mâchonne l’inhabité dans un murmure incolore. Mais nous arrêterons là notre prospection tout azimut pour ne pas vexer l’étendue qui ne nous a pas connus. 

Tout revient toujours par le cœur. Chemins de boucles, chemins de rondes, la lumière se cache dans la nuit et les lueurs séparées aèrent les êtres les un des autres sans jamais rompre les ombres distendues qui les raccordent.

Maintenant, la terre est comblée, elle parle aux feuilles jaunies, elle s’incruste à l’automne pour ouvrir l’hiver. L’été s’étend sur une litière défaite des nœuds d’herbes vertes. La terre comble toutes les lacunes du ciel. L’heure est gravement mélodieuse mais l’ajour assèche les débordements. Et désormais nos cœurs traversent sans brûlure l’emplacement du soleil.

Un pied puis l’autre, la vie s’avance, la vie court, la vie s’espace. Elle ne sait occuper debout_de_face_nueles terrains vagues autrement que par la rencontre des êtres. Elle ne sait rien de l’aventure qui la happe comme une spirale habile. Elle grimpe, roule, tourne, vire, dégringole du vent qui la porte. Son histoire est coincée entre les branches de la mémoire nourricière.

Planté entre la mort et la vie, le présent se conjugue dans la récurrence des actes qui le compromettent. Il n’a d’autres alternatives que celle de s’essuyer à la torture d’un temps enseveli où le verbe est intemporel et lacunaire.

Le mot est un frelon déclencheur de musique là où d’effroyables bruits de hachoir et de meules à aiguiser circulent comme des abeilles autour d’un essaim de ferraille.

Comment ne pas laisser s’enfuir l’instant où remuent les gestes, les actes et la conscience, alors que leurs mouvements dans une communion brodée d’imprévus bousculent l’espoir dans sa vanité la plus imparfaite ?

Sur ce mur de sang séché, une craintive orbevoie s’implante dans le renouveau comme une délivrance fraîche. Il faudra retrouver au fond de soi ce qui n’est ni raison, ni pensées, ni spécificités, ni certitude.                                    

Il y a un fil de verre dans la mince épaisseur de l’air où se rétracte l’ombre de ta silhouette. L’entier de chacun de nous s’est étalé sur toute la surface de l’univers. L’oubli aux poignets, nous traversons le feu avant que demain ne soit plus qu’une paille sèche. Sans plus attendre, nous brodons l’intervalle où nous sommes blottis comme des œufs dans un nid douillet. 

Pendant la clarté qui précède la nuit, je déchiffre à contre-jour l’espace qui s’éteint. Il y a des émotions à perte de vue dans cet interstice. Passagère de l’ouvrage, une araignée tisse sa toile. Le présent c’est moi-même, sitôt traduit comme mort à ce présent. A tous instants, alors achevés, l’heure se retire comme une vague retourne le sable. 

Cette triste infirmité de changer la réalité en l’interprétant m’assiège. Je filtre le peu de clarté qui m’arrive et lui redonne champ avec l’émotion retentissante. Toute dévale face à moi avant de m’irradier de cette mélancolie qui peigue. La présence simulée a brisé le miroir posé sur le jour pour voir au-delà. La glace brillante a fondu. Le verre froid a rejoint la terre. L’eau figée s’en est allée. Nos vies coulent à présent comme des fontaines où les cigales viennent se désaltérer.

Mais, nos vies se coupent comme des lignes droites, comme des ravins retournés sur l’autre face. Captives des impostures où rien ne peut durer aussi longtemps qu’un baiser envoyé de la main.

Rien ne pourra vraiment être dit, ni sur la vie, ni sur la mort, par delà ce dont elles nous instruisent, à part nous-mêmes, à part l’émotion inscrite sous la peau par delà toute narration. L’écriture continue sa marche acérée mais l’insaisissable demeure. Nous avons retourné la terre comme une charrue écorche la surface plane des matières durcies, et les oiseaux sont venus picorer nos sillons ouverts. Le soleil résonne encore de nos pas informulés. L’amour a retiré son épingle brûlante pour la fixer à l’intérieur de nos fronts. Nous avons les rides de nos de racines, des visages pliés par l’affût des souffles. La vie morte s’est cachée sur le seuil de la porte.                              

Il faut faire cesser les heurts, les torgnoles, les rossées, les coups d’épée dans l’eau, les coups de poings déformant l’échine, les coups de reins que la semence éjacule sur l’étreinte conditionnée par sa propre ferveur névralgique. Il est temps d’ouvrir les cages, de desserrer le minuscule des lèvres encore écluses, et intercepter le rire endormi qui bivouaque dans notre jardin.

L’existence servile se brasse outrageuse sous nos paupières. Nous mélangeons nos sangs à la texture du monde. Nous nous envahissons à l’écorchure de nos êtres. Nous devenons un vieux tango où se frottent les pas appliqués à la cadence. Nous marchons sur des paroles qui nous équarrissent. Une musique douce pleure les fêtes dépitées loin derrière. La mort est aussi solide que ce roc où nous avions enfant inscrit nos initiales. Elle ne cèdera pas, elle ne s’effacera pas. La mémoire se cherche dans le royaume des morts. La solitude signe sur l’air tout ce qu’elle a d’inacceptable.

Avec le temps, les coups sont devenus des orbes dépeuplés. Pour te rejoindre, je reviens de l’escarpement de nos premières syllabes. Celles qui semblaient un cri jaillissant de l’alphabet morse.

Il est l’heure de se livrer nu comme invincible à la trace invisible des trajets collectifs où se résume le monde. Il n’est plus temps d’effeuiller les fagots de notre amour. Nous émargerons de toute façon de ce fragment de gravier resté dans notre cœur. C’est une poussière chargée des diamants de la terre. Et puis, nous nous retrouverons toujours dans la tendresse recluse. Nous revisiterons à loisir les ombres de nos feux anciens.

Peu à peu, nos rages sont mordues par d’autres rages et la révolte flétrie comme une pierre sans eau. J’habite le repère où tes lèvres balbutient une poésie pour les vignes et les foins coupés. Elle clapote dans l’épaisseur des jours ténébreux. Je te rattrape là où tout s’interrompt.    

Je me découvre dans l’écriture malgré le renoncement qu’elle semble traduire. Mon soupir est une croche valant deux blanches. L’absence créée un espace dédoublé, un temps rythmé par les calanques buvant la mer.

Peu à peu, nos rages sont mordues par d’autres rages et la révolte flétrie comme une pierre sans eau. J’habite le repère où tes lèvres balbutient une poésie pour les vignes et les foins coupés. Elle clapote dans l’épaisseur des jours ténébreux. Je te rattrape là où tout s’interrompt.    

Je me découvre dans l’écriture malgré le renoncement qu’elle semble traduire. Mon soupir est une croche valant deux blanches. L’absence créée un espace dédoublé, un temps rythmé par les calanques buvant la mer.

Tout s’accomplit dans cette partition aphone où rien ne nous chasse des portées invisibles. C’est un requiem, un essoufflement recouvert de bandelettes mouchetées de pépiements fluorescents et de gazes chantantes.

J’ai les yeux dessillés et le regard incolore. La chair est décidemment trop nue et bien trop tendre pour ce labeur quotidien, assigné à l’exil de toutes les symphonies de soi. Le passé va trop vite, pourtant il ne s’agit plus de reculer. Que fais-je ici ? La main écrit et le cœur gonfle, et puis tout cet air qui efface les routes.

Nous voilà à présent rabotés et lustrés comme de vieilles planches rafraîchies. Nos mains imbibées d’huile d’amande sont des copeaux de bois nostalgiques. De la sciure sombre tombe de nos bouches. Des granulés secs remplissent les caniveaux avant de dissoudre comme un langage écumé. Nos voix sont des ruts enroués par les larves dévorant la parole. Et nos haleines promènent sur un vieux parquet qui craque à chacun de nos pas.  

Bouquet_Femme_nu_debout__Eve_Contrairement à ce que je t’évoquais au début de notre rapprochement, désormais je te souhaite et t’improvise dans l’attente. Dans cette frange de temps, immobile en apparence, mais toujours suspendue à la soudaineté des révélations inattendues. L’attente est un trampoline. C’est la chambre noire des ressorts d’acier préludant les acrobaties les plus folles et le plus surprenantes. C’est le lieu commun où viennent rebondir d’un même élan le mouvement d’une rupture et celui d’un avènement.

Rien de ce qui s’attarde dans nos pensées à notre insu ne ressemble à une impasse, bien au contraire. Le monde se réveille à l’horizon de nouvelles prairies. Le chantier est vivant. Quelques chuchotements caverneux frappent les trois coups avant que le rideau ne se lève. Nos théâtres reflètent des dimensions jusqu’à lors inconnues.

La certitude doute. L’émotion recherche la clarté des aubes tendres. La lumière grince comme un charnier de rêves rouillés. Elle frissonne de naissances possibles. Les chagrins et les rires dansent sur le même socle. Là où tout est perdu, là où inconsciemment tout se retrouve. Le vent s’explique avec le néant, le vent déblaie les ruines et rouvre les plaines vertes aux chants des libellules.

Nous voilà, malgré tout, gangrenés de cette fraternité complice où l’irréel triomphe des pointillés que forment les frontières du jour. Ce même jour qu’aucune saison n’altère. L’amas de feuilles mortes ne brûle pas, ne disparaît pas. La rose piquante des sables d’exil trône sur la dune que nous avons franchie. Ici, on trouve des bouquets d’enfances étalées sur la table juteuse du sang des mémoires. Partout des framboises écrasées, des fruits rouge vermillon, rouge sauvage : le rouge des cœurs fragiles qui ont connu la sécheresse de l’absence.

Toute notre fratrie pousse et s’écoule à pied perdu sous des vapeurs décharnées d’odeurs. Emmitouflée dans nos buissons, la crainte de la dépossession ultime enserre jusqu’à l’étreinte contre nature du suint et de la nudité de nos sentiments. La raison supérieure d’un univers criblé de muettes incantations refoule de toute part.

Nous sommes des veilleurs. Des phares quelquefois. Des veilles inguérissables d’avenir, réduites à leur passé. Réduites à devenir. Une lueur plonge dans la fente. Une lueur éclaire les baies poudreuses. La poussière profonde fraîchit. La lumière qui nous effleure a été arrachée au feu enveloppé dans nos souffles. 

De temps en temps, une poutre tombe des étoiles, un pilier d’étincelles éclatantes chute sur ma voix et mon écriture. L’air dilué dans la fuite des expressions est irradié par les relents fumant de la tombe à souvenirs. Je connais l’éclatement de mes fondations devenues une multitude de parasites. Nous sommes là, c’est sûr. Nous sommes là, terriblement de nos ailleurs que nous transportons comme d’incompressibles sutures. Nous sommes partout d’une même existence, locataires hasardeux d’une peau traversée par les gouttes du vide. L’irréductible néant complote comme une apocalypse machiavélique marchant sur le chemin de la confrontation des bonheurs légers et des effrois purulents de gaz mortifères.

Nos matières transformées, mais indéfectibles, savent toute la durée qui échappe aux temps. Clairsemées d’ombrelles légères, elles persistent, elles cahotent, elles bourrasquent, sans jamais ébrécher le cristal qui nous suit comme une ombre blanche. L’absence se déshabille au gré des secousses. Tes mains entourent ma taille comme une tempête acère l’eau qui suinte dans ma poitrine.

Nos routes s’écartent. Le temps, aussi. Et s’il n’y avait pas la force incontrôlable du manque mais seulement l’épreuve de la patience, je porterais tes yeux comme un joyau autour de mon cou. Désormais, nous logeons dans la lumière que le soleil abandonne le soir venu. Nous restons cloués sur la trouée des chemins où s’éclate le jour aveugle. Nous respirons l’air débordant le barrage érigé pour retenir l’aride souffle de nos déserts. Je hache menu la brise où tu es passée avec moi, et je te retrouve dans les fentes de mon cœur comme par miracle. Le vent chasse les montagnes comme une simple cohorte de nuages blancs. Tu es aussi proche qu’une chaude buée de piments et aussi lointaine qu’une lune moire perdue dans les chimères du ciel.

Nos corps sont des fictions, des chorégraphies artificielles, des exceptions momentanées où danse l’aube perpétuelle. Nous introduisons nos imaginaires dans le réel chaotique des remous perpétuels. Nous débridons les roulements de tambours qui façonnent l’heure. Nous ajustons nos souffles à la respiration de nos cœurs fleuris comme des jarres débordantes du parfum des étoiles. Nous sommes côte à côte allongés dans les sous-bois tremblants où  claque la pudeur figée sur nos joues d’antan. A présent, nous nous éclairons par-dessus les murs qui longent nos soifs. Nous jaillissons de la lumière muette. Les ornières ont disparu avec le feu qui entre dans le plein jour. Nos cœurs sont des cordes sensibles à l’unisson et nos amours sont des récoltes parallèles.

Sur les chemins qui ne mènent nulle part, nous nous déversons d’un liquide épais comme une lave en fusion pour expier l’hallucination rescapée de l’oubli. Nos routes sont des laines qui s’enflamment et des braises rouges sur la bosse érectile de nos forges.

Je suis réfugié dans l’asile d’un fouillis d’étincelles indescriptibles. J’occupe le cercle vivifiant des éclaboussures déracinées à la lumière. Le volcan dans la chair active ajoute des bouffées de fumée sous nos paupières fermées.