mardi 31 mai 2011

Brièveté de nous.

La beauté éphémère de la parole, jactance branlante, jette le regard dans le silence. La perception a besoin de l’adieu pour s’ouvrir à quelque chose de plus grand. Le mot qui déterre un baiser désert enfourche le sel de l’abîme renversé. Entre la parole et le silence, le sang bat comme le pouls d’une ombre muette. Ce qui dure ne nous appartient jamais. L’éternité est une meurtrissure où baille l’invivable souveraineté d’être. Dans le tressaillement de l’architecture du temps, la vie entreprend de désorganiser la patience séculaire.... [Lire la suite]
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dimanche 29 mai 2011

Oscar Wilde

« Rien, si ce n‘est les sens, ne peut guérir l‘âme, de même que rien, si ne n‘est l‘âme, ne peut guérir les sens. »- Le portrait de Dorian Gray -  
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samedi 28 mai 2011

Je veux te voler au temps.

Crois-tu qu’on puisse t’atteindre simplement avec quelques émerveillements ? Il y a dans l’amour un savoir qui nous devance. Et les attirances sont inscrites au canif sur les écorces d’arbres. Et nous sommes incontestablement grimés sur toutes les façades du jour. Même les rigueurs frigides de l’oubli n’ont pu effacer nos deux prénoms. Des milliers d’Odile et de Bruno vivent dans d’autres corps.     Je pense à cette mort lointaine, je pense à toutes les planètes qui peuplent le ciel sans que j’en connaisse leur... [Lire la suite]
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jeudi 26 mai 2011

Salvator Dali

« L'unique chose dont le monde n'aura jamais assez c'est l'exagération. »
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mercredi 25 mai 2011

Le monde se refait dans nos yeux.

Il faudrait pouvoir se servir de la joie comme d’un métronome donnant la cadence régulière au moindre soupir. Il faudrait se ravir d’un tesson d’amour, d’un verre fendu, d’un bouche-à-bouche avec nos miroirs. L’amour nous fait et nous défait… Il s’inscrit en trouble fait sur le regard que nous lui portons. Il se grave à l’eau qui s’échappe de nos corps. Il se gargarise de sa propre jouissance. Il se pavane d’excès dans la doublure fragile des ressemblances.      Le cru de nos chairs aère le monde d’une vraisemblance... [Lire la suite]
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mardi 24 mai 2011

Dans l’abandon de la joie.

Tu es partie pour ne plus ressentir. Du moins, pour ne plus ressentir comme lorsqu’on est vivant.  Le mot demeure introuvable. La parole décortique l’espérance, dégraine le tournesol de l’alphabet, dégrafe la punaise qui retient ta photo. Le son a perdu ta voix. (Ou l’inverse).  Que valent ces petites joies quotidiennes où ma langue touche à ta parole ? Que vaut l’absence sans ta comparution immédiate sous mes paupières ? Tu es ma perdue des bouts de mots, ma voix greffée à ta salive. L’écriture te dégorge. Tu es... [Lire la suite]
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vendredi 20 mai 2011

***//***

Pastiche, ta bouche des grands soirs promène sa ride comme une pastille de lune glisse sur l’horizon. La lumière vient de l’intérieur, et nos bouches s’illuminent du baiser des anges. Nos corps tout entiers se noient dans la fissure de la nuit où nous coulons comme un rhume mal soigné. Nos filtres pressentent la clarté qui pénètre nos sommeils. Ton parfum se murmure du bout des doigts. Nos mains marchent à l’aveugle sur le tarmac de nos envolées. Une brise légère tombe comme une foudre sur la peau de l’heure qui flotte et nous... [Lire la suite]
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jeudi 19 mai 2011

Le jour apprend à marcher sur ses ombres.

L’amour est un voyage. Un aller simple. Sans assurance. Une porte ouverte à l’aventure pour nos déserts de vie. Ma main tient le feu. La braise coule du ciel. Evadé de je ne sais où, j’exode et j’exile comme une boule de suie traverse la mélopée. Mes lèvres retiennent le lit qui se retrousse sous mes os. Des ruisseaux croisent l’océan, et je chavire dans le regard semi clos des engelures anciennes. Mon cœur s’entiche de mon âme, et je ne fais qu’un dans la brousse de ta peau. Rien ne peut s’installer ici. J’ai abandonné l’ombre... [Lire la suite]
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mardi 17 mai 2011

Depuis l’aube, c’est ainsi, c’est infranchissable.

Camouflée dans le cœur des flammes, la vie s’échappe. Ce qui tient droit, c’est l’espérance utile. Ce qui est debout, c’est la marge claquant des mains dans laquelle je chavire. L’amour quitte la tête, quitte le corps. Il s’en va bâtir des terres liquides en d’autres lieux. L’amour se fait une raison. Dans l’arrière boutique les étagères vides conservent quelques photos tombées sur le sol.  L’illusion de posséder le sens du perçu est irréfutable. Le pressentiment du silence intérieur amplifie la déréliction recluse dans les affres... [Lire la suite]
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dimanche 15 mai 2011

Recopier à la chair. (Lecture participative ?)

On récite des lettres apprises par cœur, puis on invente des mots. Troubadours des gestes, nous fouillons la chair, nous entamons des chantiers et nous creusons nos corps pour trouver les mots qui s’enroulent à nos muscles. Comment pourrions-nous reconnaître dans la substance de la mémoire ce qui est plus vieux que nous-mêmes ?   Derrière les chiffons et les draps troués, un calendrier où chaque date est un héritage. Une succession dont on se sent étranger. Un goût d’acier et de vide se mélange à l’eau de la lumière. Toutes les... [Lire la suite]
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