29-09-09
→ B 012 – L’avers.

Avons-nous assez creusé et fouillé dans l’apparence, assez mouillé et trempé nos vies en ce ruisseau où les miroirs se brisent à chaque débordement, à chaque orage, à chaque tumulte saisonnier. Toutes ces pluies pleurant les blessures engluées aux mémoires rageuses de n’avoir su défaire les langues, délier les nœuds de nos jérémiades stupides et décevantes. Toutes ces eaux qui courent muettes et transparentes emportant en elles le même espoir avec des sources dans la voix ouvrant à d’inexplicables sanglots dont on ne sait que faire.
L’enlacement aux heures pleines, à celles qui sont faites de mers et de rochers, à celles parcourues de tangages et de soubresauts, à celles qui ne partent pas avant de nous avoir changé dans l’invisible des inconvénients à être.
Les mots déteignent sur les choses qu’ils racontent, chaque couleur féconde une nouvelle couleur, l’arc-en-ciel se multiplie et se surmultiplie et le ciel n’est plus assez grand pour contenir les nouvelles présences qui bavent et se déversent dans un océan d’infini, hors de soi, hors du temps, et si proches néanmoins.
Tous ces copeaux d’émotions tombés de la cacophonie des horizons et ces larmes et ces rires laissés derrière nous qui se réaniment et se ravivent sans qu’on les convoque.
Nos vies sont là dans les ombres que la lumière repousse, qu’elle traine avec elle lorsqu’elle bouge et nos fluidités craquent et grincent de bruits nouveaux.
Ces sentis anciens qui nous retiennent, habitant nos réflexes comme un grimoire d’évidences établit pour nous prévenir, pour anticiper sur les pincements à venir. Tous ces habits de frissons qui nous recouvrent de leurs tremblements incontrôlables, toutes ces intuitions mutantes et métamorphosées en carapaces, en armures contre la douceur de l’effleurement et la dureté de la blessure, tout ce que nous avons jeté en nos égouts de dégoûts et de répulsions primales, toutes ces violences indubitables versées au corps et à l’esprit et qui se révoltent en nous d’être restées prisonnières pour toujours (étrangères appropriées ?).
Nous les avons faits nôtre du pas où nous avançons. Nous les avons sciemment intégrées et inconsciemment nous les rejetons par fragments, par bouffées, par pans de mur entier quelquefois. Nous les éternuons et ce hoquettement pince nos paroles.
Nous marchons ensemble, il fait nuit d’un brouillard de grumeaux. Liés comme cette extrémité de ciel allant mourir au fond des mers, il nous faudra accoucher des aubes futures, flux contre flux, peau de voix contre peau d’amour, poudre d’éther contre mousse d’écumes pâles. Nous ne sommes que si peu en dehors de nos souffles.
Nos soupirs nous emportent comme des vents et nos simulacres volent et flottent si légèrement que nos tragédies sont des fables où vont béer nos énigmes les plus secrètes.
Et pourtant, nos absurdes croisent tout ce qui a été et qui semble à peine concevable. Et pourtant, vole que vole, crisse que crisse, deux doigts de vie dans l’écuelle d’existence et une mer n’y suffit pas à cacher l’exil dont nous ne sommes que les locataires. Et pourtant, nos symboles comme nos pièces et billets n’enrichissent rien ni personne, c’est l’agonie qui cherche refuge en nous, pas nous, pas nous !
Nos vies sont peuplées de paroles, de mots et de voix ; laissez-moi au silence embrasser les lèvres de ce que je vous écris, laissez-moi étreindre ma solitude en parfaite geôlière d’amour : une lèvre sur la vie une autre sur le rêve.
Insensées, loufoques, insanes, mais jamais complètement inepte.
28-09-09
→ B 011 – Les yeux convives du jour.

Pendus à la vie comme des torchons ronds de lumière, ils avalent l’air qui les dessèche. Les yeux transpercent les ombres et sont des vigiles au silence du monde.
Je marche dans les buissons d’eau et dans le sommeil des cordes. La voix plongée au fond de la gorge, le dire muet, c’est dans un tour de mains que les mots creusent toutes les grimaces du corps et je m’agenouille aux troubles d’une réalité égale à l’opinion que je m’en fais.
Peut-on être pareil à ce que l’on dit ou écrit ?
Suis-je le contenu du mot que j’utilise ou bien je l’utilise pour apaiser mes craintes, ou encore pour estimer la différence qui réside entre lui et moi, comme pour mesurer, prendre mes marques, poser ce que j’en ai acquis ?
Sans l’angoisse profonde qui me régit, je n’aurais probablement pas besoin de me préoccuper autant des autres, de leurs regards, de leurs appréciations. De leurs mots et de leurs tourbillons à me résigner à l’abstinence, au partiel, à l’entre-deux, à l’incomplet de moi-même comme l’on résilie une bouchée de liberté au prétexte d’un libre-arbitre plus grand, plus conforme à l’aisance des compromis.
Gratitude à la réalité, gratitude à la perception ; de chaque chose je m’émancipe peu à peu, le réel purifie mes désirs comme un bouillon porté à effervescence et par conséquent défait de microbes, comme un sourire grimpant jusqu’au rire qui libère. Mon cœur se réapproprie ses désirs et l’écoulement du temps n’a plus d’exigences aussi désastreuses. Je me purge, comme un enfant baigné de candeur, face aux inepties des grandes personnes et je recouds lésion après lésion la chair de mon monde pour lui offrir de nouvelles espérances, de nouveaux profils, d’autres escalades et d’autres chemins.
Ce qui est mort en moi a traduit tant de renaissance que j’habite le sursis, le transitoire, dans une interface, une marge, un espace vierge où se ressuscite doucement la cicatrisation et l’indulgence que je m’accorde comme je m’ancre à une évidence gloutonne de réappropriation.
« Le bonheur espéré, c’est ce que j’introduis en moi de ce qui n’est pas. »(1)
Perdu on sait de suite qu’il faut marcher pour retrouver le chemin. Perdu on sent immédiatement qu’une place nous attend et que la marche soit douloureuse ou pas, on s’élance à la poursuite de ce que l’on estime être la voix à occuper, malgré tous les leurres et toutes les complaisances..
Tant d’œillères et tant de fuites… Te dire le mot juste.
J’ai le goût de ta voix dans le creux de mon oreille. J’ai le jus de ton écorce entre mes dents. J’ai la vie qui vacille comme une brindille emportée par la crue. Je te vois en duales impressions de ce que tu dois être et de ce qu’il me plait de voir.
Il y a des jours fidèles à nos décombres où nous lions la joie des retrouvailles de nos ruines à l’aigreur de nos ressentis et où nous nous livrons sans compter à la goulée de frissons qui retentissent comme des crécelles de tôles froissées.
Ma rétine happe le vent transparent où s’immole le crépitement audacieux des désirs de soufre et des effusions de laves qui surgissent des barreaux renfermant la vase des certitudes auxquelles on se soudoie dans une indifférence presque mafieuse.
Dans la transparence de la pensée qui assimile, mon corps touche aux
mémoires et tend au devenir dans un grand écart qui l’affaisse et lui donne l’impression de se tisser au monde comme un prolongement d’étoffe mutante s’ajustant à l’horizontale des seuls horizons possibles.
Dans le verre du miroir persiste l’eau maternelle de la vie et la buée en s’évaporant nous renvoie au sel que nous avons connu dans l’embryon cellulaire de notre premier partage avec la vie. Ma nature c’est mon dedans. Tantôt cristal cassant, tantôt verre de grosse épaisseur à effet de loupe multipliant le détail jusqu’à le pourvoir de son fait unique occupant tout l’espace.
Mon regard erre comme un nomade dans l’image que je reçois de toi cherchant un point d’ancrage dans le bric-à-brac et la confusion de l’émotion qui m’envahit. Tu es là dans la grandeur de mon imaginaire et je te couds et je te sculpte de toutes mes approbations pour te donner les traits invisibles de mon émotion, visibles de mes ébranlements, mutants des mouvements oscillatoires de mon désappointement.
J’emprunte au réel autant qu’à l’absence. Ta vie est cette pulpe à laquelle je bois le feu de ma soif à te concevoir. Beaucoup plus loin, la texture de ta peau m’apprend la langue de ta forme et je me confonds à toi de nos ressemblances comme je m’hérisse de nos antinomies. Il n’y a pas d’ennemi si puissant que notre volonté à nous étourdir de nous-mêmes. Ma vue à le caractère de mes dépendances et de mes défauts à te peindre de ta vraie couleur. L’interprétation qui quelquefois nous rassemble est irrémédiablement ce qui nous différencie et nous sépare. Mon sang s’éprouve dans la saignée que mon cœur lui dicte. Entre toi et moi se conjugue au présent le futur que nous construisons dans l’espoir d’échapper à toute séparation. Mais nous le savons déjà, l’accumulation d’éphémère ne peut s’approprier l’éternité toute entière. Il nous faudra réinventer l’éternité comme l’amour créé aux dimensions de nos êtres et comme chaque aube s’ouvre à la fertilité de l’étonnement, avec l’audace des sans-peurs ou des courages aveugles.
(1) Boris Cyrulnik, Parler d’amour au bord du gouffre.
27-09-09
Albert CAMUS
« Pour un homme sans œillère, il n'est pas de plus beau spectacle que celui de l'intelligence aux prises avec une réalité qui le dépasse. »
- Le Mythe de Sisyphe, p. 78, Idées n° 1 -
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Dans le recueil à commentaires des pages froissées tombent comme des feuilles d’automne. Nos paupières sont des housses où s’enfilent nos draps et nos duvets. Je ne te discerne pas vraiment sous cette couette où ta peau infuse à la plume. Une respiration dort avec toi. Une ébauche soupire.
L’œil fermé voit au travers des songes. Les plaies sont des visages que les gouttes de prières et d’oubli ont sculptés ensemble. A l’ouvrage des tailleurs de vie d’inciser le caillou et le rocher.
La rencontre du souvenir s’étale comme une écume, s’évapore comme une mousse. Le vide accueille : que pourrait-il faire d’autre ? L’œil fermé tisse les trous du rêve. Coudre la complice évasion qui me porte jusqu’à toi. Une fuite consentie coule comme un ruisseau de pourpre. T’aimer me découpe comme un renoncement, une concession, une conciliation. Un échange suscité dans la convulsion et la charade restée énigme. Un signe intemporel habite le tremblement d’une terre sensible que l’heure ne sait livrer à son horloge.
Tu es cerise qui flirte, baume de fruit dans les touffes d’une nuit éclairée aux bougies des sens. Arbre grimpant et branches élancées, une pointe de jour au cœur de ton tronc. Volutes en rafales embrassant le suc de l’écorce. Partout et aucun. Libre comme l’air qui souffle ou qui dort. Les branchages entremêlés à l’invisible de nos poumons. Partout ici et partout d’ailleurs. Dans le vertige d’un ciel qui brûle. Dans le creux d’une flamme sans feu ondulant comme une vague où s’efface le temps qui passe.
26-09-09
Georges BATAILLE
« Le non-savoir dénude. » Il mène à l'angoisse et celle-ci à l'extase : « L'angoisse est l'horreur du dénuement et l'instant vient où, dans l'audace, le dénuement est aimé, où je me donne au dénuement : il est alors la nudité qui extasie. »
- L’Expérience intérieure -
→ B 010 – A l’accent du regard.

Il me suffit de te voir pour te rejoindre. Parfois pâle image évanescente, parfois furtive passagère d’une idée en fuite, parfois encore comme un corps réel se déplaçant dans le visible.
Radicelles inoculées au temps morts, au temps de statu quo illicite aux mouvements tangibles, aux gestes cavaliers, aux défrichages des ruisseaux. « On ne voit que ce qu’on regarde » (1), mais on sent les liens et les liants venus de plus loin que le regard. Dans ce qui précède, l’avenir se conduit comme un reflet déjouant les ombres, mais en les multipliant à l’infini.
J’ai du feu dans la voix, des creux et des trous pas encore refermés. J’ai la mémoire à l’errance dans les siècles de ruines logeant le chaos. Des fantômes de poudre caquetant dans les méandres sans fin d’un infini aussi précaire et aussi vacillant que les frissons qu’il procure.
Des heures incertaines, des temps frelatés, greffés aux moments lointains, des cendres grises déposées en poussière dure comme une ceinture de cuir enveloppant chaque cellule, chaque grain de vie, chaque regard.
Nous avons des vertiges transfusés dans la voix comme des fragments de silence assis sur le seuil d’une porte s’ouvrant au vide. La mémoire transporte autre chose que du regret. La mémoire connaît le rien. Les songes clos ne savent pas le hors frontière des connaissances attribués au réel. C’est un autre monde infalsifiable. Devenu empreinte malgré l’infime réminiscence, un filet de vapeur persiste à s’entretenir avec la mort et la naissance apocalyptique. Je suis infirme de moi-même aux abords de la folie qui grignote l’écorce du réel. Derrière les heures, l’ombre des fusions anciennes, l’infusion des bouillies de vie. Primitives engeances où s’évadent des saisons qui ne ressemblent pas aux saisons que nous connaissons. Minéral miné des scènes d’un théâtre sans parodie, sans emphase autre que la luminescence des sources invocables, terrées au fond des gorges sèches donnant lieu à un écho clinquant comme deux pierres, deux silex cherchant l’étincelle, le feu qui ranime la lumière, qui active la vie en la ressuscitant des pénombres glauques.
Le monde n’est pas déterminé ailleurs que dans nos logiques, l’incohérence est incontestable à l’éternité. L’ordonné répond à une règle, la règle permet le dialogue, le dialogue permet la confiance, la confiance est la vie qui s’éveille peureuse d’elle-même, à la portée de l’autre.
La parole est un scellement, oui, la parole est scellée de ce qui s’échappe du non-dit des fatalités, d’un no man’s land où se lavent les virus de vérité comme des linges sales portés au lavoir des sources premières.
La conciliation des unités et des exigences est parrainée par la concession, par le renoncement à la part la plus intime de soi, concédée à l’entente, au rapprochement des hommes.
L’absolu est totalitaire et despotique, il déconstruit la parole de l’homme seul.
Porte-à-faux, on a besoin d’absolu ne serait-ce que pour savoir qu’il est inatteignable.
Machine à susciter ce qui construit et dilue, le rêve est alors une béance où saigne le réel demeuré inconnu.
« La motivation, la pulsion à écrire, c’est pour moi toujours de partir d’une disparition, de construire une quête à partir de là. » (2) Réveiller le somnambule qui nous traverse de part en part et peut-être même dialoguer avec le simulacre de nos essences. « On est prisonnier de son imaginaire comme on est prisonnier de sa voix. »(3)
Pourtant en nous rien n’est pleinement universel partagé, tout est consensus, acquiescement, acceptation dans un renoncement inéluctable.
Ni tristesse, ni désespérance : la multitude. Mais trop de monde occupe ma terre natale, mon royaume, mon paysage, le collé sous les chaussures de ma langue. Solitaire du muet vertige de l’innombrable, je m’habite de ce que je suis dans le reflet du regard des autres, de tous les autres qui m’envahissent au point culminant de la salive du mot que j’aurai aimé prononcer à leur place dans la multitude des capacités rassemblées à l’unité et à la connaissance du monde.
On peut détester l’autre, mais il n’en demeure pas moins indispensable, utile, incontestable d’être. Et cette acceptation est accablante à ma petite personne navigant à l’aveugle sur le fertile des esprits.
Dans l’échange une boite à mystère s’ouvre, l’imaginaire coud et reprise les failles. Me suffirait-il de me détacher pour être entier ? Sûr que non, je saurai alors mort de trop vivre.
(1) - Maurice Merleau-Ponty, l’œil et l’esprit
(2) (3) - Patrick Modiano, Magazine littéraire, entretien avec Maryline Heck
24-09-09
Jean Paul SARTRE
« Ma vérité, mon caractère, et mon nom étaient aux mains des adultes : j'avais appris à me voir par leurs yeux ; j'étais un enfant, ce monstre qu'ils fabriquent avec leurs regrets.»
« Si je range l'impossible salut au magasin des accessoires, que reste-t-il ? Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n'importe qui».
- Les mots -
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A ta tête la mort conspire dans le silence des énigmes
Tes yeux s’oublient sous la chevelure des horizons clos
Tu n’as rien d’autre qu’une cicatrice à la place des mains
Et pas un mot pour dire le venin que ton sang transpire.
23-09-09
→ B 009 –L’œil du cœur.

Dans le visible, tes mains de toucher comme une danse fine. La caresse dénudée sur la pointe des pieds, le toucher du bout des doigts comme une voltige de pudeur assoiffée, un élan vibratoire, une sensation d’eau et d’écumes.
Dans le visible, ton corps, ta peau, dans l’apparence des fibres protectrices de l’écorce. De l’écorce du jour, de l’écorce douce qui enrobe : une écale renfermant un fruit mûr, l’écaille feutrée d’une enveloppe où le mouvement est une vague, une ondulation souple et légère.
Dans le visible, ce qui peuple le probable du contact, l’ardeur féline d’une lumière, la trame d’une étincelle. Dans le visible, le tremblement, la secousse, le spasme et la contorsion des lèvres, de la nuque et du visage.
Dans le visible, ta bouche comme un bateau, une dérive, un naufrage. Bouts de chairs roses humidifiées et lapées d’ondes où naissent et meurent tout à la fois les promenades de la langue. Langue natale, langue berceau, langue paroles, langue aveugle où s’étend la rencontre comme rêve se découd des frissons tendres de l’instant qui subjugue.
Dans le visible, la promenade du voyage des regards, les yeux bercés par les cils d’une étreinte avec le monde. Les yeux semis clos du désert ouvert comme une brèche, comme une langue de mer grelottante où se rejoignent l’artifice des mats et la voilure du bon sens. Le berceau des iles maintenu d’une seule ancre, d’une seule coque où les frontières s’effacent.
Dans le visible, un point d’éclat lumineux, un phare miniature, une console lumineuse nappant le duvet d’un oisillon occupant le nid des étoiles et puis ta peau comme une parade à la caresse, comme une étoffe emmaillotant la mutation des parfums transgressant au-delà. L’œil du cœur comme un rempart, une forteresse ouatée, une certitude incompréhensible, inaudible et solitaire.
Et puis dans l’invisible la part oubliée de la jactance du monde, les grelots assourdissants des essences originelles, le lait primal des effusions, des ressources à métamorphoser le blanc en des milliers de couleurs. Dans l’invisible la part inachevée des arcs-en-ciel qui grimpent aux émotions du ciel qui s’émeut du désir de la mer à le rejoindre. Dans l’invisible ce qui recouvre comme un étui où se glisse doucement notre puissance à oublier tout le reste. Le matin du monde est là, et nous nous tenons par la main.