26-07-09
→ 94 – Au passage s’envoute.

L’ignorance du pas prend la route…
Rien ne s’écrit véritablement ailleurs que dans le geste.
L’ignorance s’y fraie un chemin de culbutes. Aux dérisoires pertes d’équilibre, nos berceaux répondent du murmure tendre de nos sels durcis.
L’air est la première parole de nos noces avec la vie. L’acte répond à l’appel du souffle qui agite nos mers.
L’ignorance se rend au pas léger qui nous déroute…
Joë BOUSQUET
« Quand on te demande de te connaître, il te semble qu’il s’agit pour toi de creuser la nuit qui s’est faite sur ta personne ; et, comme tu ne peux pas savoir comment tu es fait, d’aller au fond de ton ignorance.
Chacun de nous est caché dans son personnage. A son idée de la vie il ne manque que la vision exacte de ce qu’il est lui-même. Et il ne s’ajoutera au courant de l’existence que par un effort extrêmement aléatoire de l’imagination. Son moi n’est plus que le produit de son être. Et dans son idée de ce moi sa pensée est la rivale de son être.
Son être de chair est la déroute de sa conscience. Au milieu des passants, des arbres, de tous les objets qui enferment dans leur structure une épreuve de ce moi indivisible qu’il est lui-même, il traîne le frisson d’un moi espéré, un rêve perpétuel dont la figure précise est toujours devant ou derrière lui.
Parlons de lui comme s’il était condamné. Otons-lui la parole, parfois. On se trompe sur un homme tant qu’on ne retranche pas de sa personne ce qui fut son espoir. »
- Le Meneur de lune -
→ 93 – Rythmique des nuées.

Tes lèvres comme l’incision qui donne voix à la fin des temps pour dire le silence d’exception où dort le sublime comme une ignorance perdue dans une trêve subite.
Nous, le passage qui se jette dans l’errance de l’autre, penchés et suspendus tout à la fois, sur l’harmonique des soupirs qui se rejoignent. Solitude décharnée où dort le couteau saillant du désordre un peu fou des emmêlages. Tes lèvres comme des lames humides où se disputent les chants qui nous laissent sans voix.
Nous passons dans la proximité du message du possible à chaque baiser et nous caressons de nos langues douces l’imprononçable de nos défaillances à nous étreindre à l’absolu de nos êtres. Le geste aux bordures des rivages à l’abandon des cascades et l’acte comme la goutte d’eau sublime où nos jours ne sont que des lumières d’avant nous.
Ta bouche à la fracture de ce qui s’écoule. Ta bouche où repose la veille du chant de nos chairs sciées comme des bûches qui attendent la flambée. Nous dans la buée des liens aussi souverains qu’incertains. Nous dans l’eau qui nous porte au non-lieu difforme d’une musique où les croches sont les paroles invisibles de nos cœurs sur une portée qui se frottent comme deux aimants à la marge des attirances.
Jean GIONO
"L'univers nous appartient dans la proportion où nous lui appartenons."
- Le poids du ciel -
Albert EINSTEIN
"J’aime penser que la lune est là même si je ne la regarde pas."
Scott RIDLEY
"La vie a plus d'imagination que n'en portent nos rêves."
- 1492 Christophe Colomb -