LA COLLINE AUX CIGALES

Dépotoir et déposoir de mots, de pensées... Ici repose mon inspiration et mon imaginaire ; une sorte de maïeutique effrénée et dubitative et il me plait de pouvoir partager à qui veut bien.

19-07-09

→ 84 – Furtivement, dans le coin... d’un jour.

Giacco_BalthusDream

Dans l’effondrement de la mémoire, la mer est le spectacle de sa propre histoire enfouie. Les vagues comme les frissons de sa surface laissent prévoir à l’immensité la déclinaison des saisons de ton histoire. Se répudier à chaque pliure n’enlève rien au tintamarre assourdissant des plaies de la lumière et aux cicatrices cachées brassées sous les roulis tumultueux des désespoirs et dans la bave larmoyante de l’écume.

Le point ne termine pas la phrase, il l’ouvre, au contraire, sur tous les possibles qu’elle n’a su enfanter. C’est l’œuvre des tailleurs, sculpter la parole, polir la craie des mots, lustrer la poussière qui témoigne. Le verbeusement épuisé, le spectre bavard replié dans le dire où se déploie sans vergogne le silence de chaque mot qui se fend, qui se casse et s’échappe. Statues de poudres disparaissant aussitôt.

Vanité à se prétendre agile des ailes que l’on n’a pas. Je vole d’un poids mort que soulève seulement l’exigence comme si elle était une matière solide. La mémoire se venge d’avoir trop oubliée, d’avoir effacée de la fulgurance des flammes tout le rouge des fusions et tout le jaune des ébullitions ne laissant que le bleu du ciel et de la mer.

Rafales de brindilles et de fragments qui dans leurs tourbillons s’associent et s’étoffent comme des grumeaux que le dire déglutie en hoquetant. Relents d’histoires sans mots à la lueur des langues aux salives acides des résurgences des non-dits qui purgent le monde dans un crescendo inéluctable.

Au cœur de ta terre, dans les souliers de ton fatras, je suis sous tes yeux…

Au cœur de tes mains, où qu’elles se posent, je suis dans les veines de ta rétine…

Penser à toi c’est respirer, c’est coiffer l’heure en pointillés pour remonter jusqu’au prépuce de la plaie qui nous donna naissance…

Mes baisers sont des mouettes qui viennent caresser l’alcôve de tes rêves tendres…

Ma peau vibre et souffle sur la braise de tes lèvres, et dans l’âtre je suis ce feu que la bûche transporte, l’instant d’une flambée qui crépite…

Chaque naufrage en appelle au sensible des peaux anciennes et dans la marge des pétales de roses séchées s’inscrivent dans la pierre comme des crépuscules où le jour s’incruste. Fêlures contre fêlures la vie se murmure de silences chargés de pluies bouillonnantes. L’existence voyage dans le duel des soufrières où dire est une plainte qui soulève l’épaisseur des ombres qui nous collent comme une buée balbutiant les eaux que nos souvenirs puisent pour irriguer nos déserts d’infortune.

Dans les bras de l’idée fixe, la résine offre à la glue sa meilleure litière. Sous les draps des mots, une ancre enroulée à ma langue. Plausible le dire devient alors un chant. Et les sirènes me rappellent à l’océan.

Posté par lacollineauxciga à 15:24 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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