31-12-08
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Faire un adieu à ses larmes, il est minuit… hier est dépoté, ne reste que l’idée du jour à venir.
I200 - La cage sans barreaux.

De cette absence qui va au bout du monde essouffler l’heure, de cette place vide qui accompagne l’égarement, la dissolution qui s’annonce vire la défection au profit de tes yeux dans lesquels je construis l’alternance de mon désir à te savoir là et réduite à la seule expression. Ma pensée t’accélère pour te grandir des ombres informulables et je m’assoie à tes paupières, éparpillé de l’aurore que je porte comme des étoiles brillantes. C’est une question de lumière, te voir invisible et te sentir toute entière dans le refuge de la perception qui invente et sublime le réel. Je m’y reconnais de l’assemblage de mes énigmes où s’incruste le sommeil des consciences où s’éloigne l’amour pour nourrir son retour immuable. La floraison des lambeaux donne à l’écume défaillante le goût de l’air et je te suis des apparences que j’incruste à ta chair. La place vide ne l’est plus, elle souffle tes cendres, ouvre le ciel et ensable la distance de l’éclair où ruisselle toujours le durable de la mort qui donne naissance plus qu’à la vie elle-même puisque que c’est de l’espoir qui s’insuffle du brûlis de mes pensées.
30-12-08
I199 - Tétardise.

Obstinément, opiniâtrement, résolument, s’entêter à témoigner de ses sources pour exorciser le pérenne de granit dont les tremblements remuent nos terres et secouent nos mers. Les soulèvements dichotomiques dans leurs persévérances éliment nos roches dures à l’adret de nous tourments, à l’ubac de nos turbulences. La mer comme une immense vague qui s’écrase ensevelit nos plus profondes crevasses.
Mais…
Obstinément, assidûment, résolument, entêtardis, nous escaladons nous tombes fraîches pour y cacher la vie trop frêle à s’avancer dans la danse des pas fous, des marches infinies où se tapissent les baisers que nos lèvres ont tendus aux sillons des aurores là où naissent nos respirations tétanisées par la crainte de leurs propres souffles.
Et…
Tu es là blanche figure des soleils sans éblouissures à prétendre le sursaut, le tressautement pour animer, pour activer l’enfance à régurgiter les galets verdis de mousse qui bordent nos ruisseaux.
De tout temps les mains serrées, le cœur libre ouvert au ciel dans un débroussaillage de l’essentiel.
Jacques PREVERT
« Le Temps nous égare Le Temps nous étreint Le Temps nous est gare Le Temps nous est train. »
Pierre de RONSARD
« Le temps s'en va, le temps s'en va, madame ; Las ! Le temps, non, mais nous nous en allons. »
- Extrait de Continuation des amours -
Jean-Claude CARRIERE
« Le temps, c'est un peu comme le vent. Le vent, on ne le voit pas : on voit les branches qu'il remue, la poussière qu'il soulève. Mais le vent lui-même personne ne l'a vu. »
- Extrait d' Entretiens sur la fin des temps -
Arthur SCHOPENHAUER
« Il ne faut pas empiéter sur l'avenir en demandant avant le temps ce qui ne peut venir qu’avec le temps. »
- Extrait des Aphorismes sur la sagesse dans la vie -
Gaston BACHELARD
« Le temps n'a qu'une réalité, celle de l'instant. Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l'instant et suspendue entre deux néants. »
- Extrait de L'intuition de l'instant -
Denis DIDEROT
« Tout s'anéantit, tout périt, tout passe : il n'y a que le monde qui reste, il n'y a que le temps qui dure. »
- Extrait de Salons -
I198 - Augure.

Au-delà du superflu où se noient toutes tergivagations souterraines, dans le bleu du ciel comme dans les brumes océaniques qui ferment la raison comme une frontière invisible barre la route à l’étendue qui se devine, il est mauvais présage. Comprenons-nous : il est pour moi le lestage de vulgaires servitudes, mais il est aussi le spasme douloureux compagnon de misère : artisan des futurs orages sans attache, jeteur d’intenses pluies boueuses, porteur d’éclairs fracassant les ventres pour ne laisser aux bouches qu’une fente de cicatrice sauvage laissant fuir le frisson chargé de ses balafres. Les yeux repliés sur la bordure du précipice, à l’irréfutable teneur des instants lucides où tout se voit d’un plein regard éclairé annonçant la démesure comme un berger annonce le troupeau, la baie ouverte du ciel que la vie interroge répond par l’abondance des crépitements drossés et dérivant à la crinière sèche d’un hasard d’existence dressé comme un hussard sur sa monture prêt à dévaler de sa montagne. Comme toujours ce qui précède c’est son silence. Un sans bruit où nuls échos ne chahutent. Le pressentiment force l’augure contrainte à suinter de son argile sous le poids du feu qui n’a pas encore pris, mais qui ne tardera pas à embraser le sensible du souffle aux creux même de ses soupirs et à crier sur les rochers de solitude sans pitié aucune, l’ombre ténue dont le volume gonfle comme un ballon prêt à céder sous l’éclat du jour qui va venir. Attendre.
Attendre la parole qui délie.