LA COLLINE AUX CIGALES

Dépotoir et déposoir de mots, de pensées... Ici repose mon inspiration et mon imaginaire ; une sorte de maïeutique effrénée et dubitative et il me plait de pouvoir partager à qui veut bien.

31-10-08

I099 -

1849_20Antigna_20Alexandre_20Apres_20le_20bain

J’ai dormi dans le temps à l’emplacement où s’accumule l’infini, dans le paradoxe des temps déformés. J’ai dormi dans le temps aux frontières ouvertes de tes espaces clos où cohabitent la rengaine de tes mots isolés et tes vertiges chaotiques qui s’ignorent de leurs latences à s’accumuler.

J’ai dormi dans le temps, dans l’archivage de tes infinités là où la fiction explore l’inépuisable de tes contours et où s’élabore dans le secret la toile de futurs livres à ouvrir. J’ai entendu le vertige qui se loge au-delà et qui excède le pied de ta lettre à l’outrage des mots de limite qui débusque l’instant pour le transformer, le transmuter vers d’autres sommeils encore plus profonds.

J’ai dormi dans le temps à l’ornière des inclusions qui s’inversent et s’achoppent sans se toucher vraiment, aux contreforts de tes caresses oubliées sur l’étagère poussiéreuse vouées à la métamorphose des désirs. J’ai dormi avec le temps de celui qui se résorbe dans le réveil à celui des mondes contenus qui se substituent à l’évasion victime de leurs sacrifices à vouloir pourfendre l’affable de la farce. J’ai dormi de toi à l’arbitraire de tes secousses que ma poitrine a avalé tel un rêve venu d’ailleurs et sur lequel il n’y aucune prise. Mais la rétrospective s’est engluée d’inconciliables refrains et j’ai perdu dans cette nuit vampire la sensation de n’être plus seul.

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L'homme au bouquet de fleurs - MAXIME LE FORESTIER -

1847_1848_20Millet_20Jean_Francois_20Nu_20assis_20ou_20les_20Regrets

Pourquoi donc cet humain s'est acheté des soucis ?

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I098 -

1847_20Delacroix_20Eugene_20Une_20Odalisque

C’est la trêve des rêves, le marchand de sable inonde les déserts de perles de nuit.

Plutôt la vie, plutôt le rire que l’étau des jours détachés sur la gangue des pièges moribonds. L’écoulement de la douceur ressemble parfois à cette avalanche blanche qui dévaste et recompose le paysage. Dans le silence du vivre l’étonnement s’engouffre et l’ardeur aussi. Les cris d’hier ont laissé leurs traces sur la neige nue que la froidure a faite prisonnière. L’empreinte est là engoncée de ses pas profonds, il lui fallait aller, marcher encore pour s’éloigner. Et maintenant l’attente du redoux est sa seule manière d’imaginer sa fonte, son coulis d’eau effaçant la marque. Il pleut des flocons d’amour qui enveloppent et tu serpentes une glissade de luge au fond de toi. L’hiver est une saison de contraste, le ciel recouvre les sommets qui pleurent l’invisible au cœur des douleurs sourdes.

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I097 - DU BON USAGE DE L’ÉCHEC.

1842_20Chasseriau_20Theodore_20la_20Toilette_20d_Esther

Fréquemment la vie nous rappelle notre fragilité et la précarité de ce monde à vivre. La victoire de la peur et des préjugés offre à nos angoisses comme à nos révoltes l’aliment nécessaire à nos troubles comme à nos démissions.

Il s’agit de traverser la défaite de nos désirs aux déconvenues de l’existence sans se résigner et sans dilapider nos forces dans l’accomplissement du malgré tout.

Notre histoire est un tel chantier…

On n’efface pas hardiment et sans scrupule l’ambition d’un projet de vie. Ne faut-il, cependant, ne point gommer de nous les grands mots que l’on croit souverains, tels que bonheur, liberté, paix et quelques autres ?

Ne bafoue-t-on pas notre réalité par la poursuite incessante et pugnace de nos absolus de notre conception du bonheur, au détriment d’un quotidien et d’un usuel que la joie journalière peut nous apporter ?

Ainsi, l’échec ne serait-il point salvateur à nous obliger à recentrer, à redéfinir nos désirs profonds ?

Un face-à-face inféodé de valeurs morales, sans peur, pour nous permettre d’envisager les aspirations profondes, inavouées, doit, somme toute, nous aider à redécouvrir les douceurs de notre dedans laissées en jachère par le détournement qu’implique nos soit disantes priorités. Il s’agit de revenir à soi comme si c’était la première fois, dans le rayonnement de l’étonnement, dans la perspective de la découverte et de l’aventure qui peut en naître. Et si nous cessions de craindre le regard des autres sur nos invisibles, serions-nous plus à même de nous parcourir sans censure ?

1845_20Trutat_20Felix_20Repos_20et_20desirs_20ou_20la_20bacchante« Plus profondément, il convient de voir que derrière les attentes qui se succèdent, œuvre un désir fondamental, une expression de la vie. Cette force, comme le besoin sexuel d’ailleurs, est féconde dans son principe, c’est un désir de joie, une source qui alimente les combats quotidiens. C’est le fameux conatus de Spinoza, cet effort pour persévérer dans son être. Le rapprochement avec la sexualité me paraît très éloquent. En effet, partir à la recherche de ses désirs appelle une attitude libre de jugement et de culpabilité. Au contraire, des siècles ont entouré la sexualité de honte, en dégradant cette expression de la vie qui, répétons-le, n’est pas mauvaise en soi mais le devient quand elle se fait instrument d’une imagination perverse, d’un esprit fourvoyé. C’est ainsi que la force qui nous anime, cette volonté d’accroissement, de vie et de joie, engendre maints désirs particuliers, autant d’enfants qui nous sont confiés.  Les regarder en face, c’est assurément cesser de vivre le désir comme un tyran, un créancier inopportun qui frappe à la porte jusqu’à ce que nous lui cédions. Repérer les désirs, ce n’est certes pas leur obéir au doigt et à l’œil, mais simplement tenter, dans la dignité, de les apaiser. Ainsi, quand une attente surgit, peut-on s’interroger dans quelle mesure sa réalisation peut accroître notre joie. Se réconcilier avec le désir, c’est paradoxalement savoir se satisfaire à fond de ce qui nous est donné et j’entends la voix de Spinoza affirmer : « Personne donc n’éprouve la joie de la Béatitude parce qu’il a réprimé ses sentiments, c’est au contraire le pouvoir de réprimer les penchants qui naît de la Béatitude elle-même. »  Souvent, nous condamnons nos désirs et nous nous accusons de sombrer dans la tristesse, nous nous blâmons de succomber à semblable caprice. 
L’échec, l’impuissance qui caractérisent notre condition appellent une posture bien plus complexe que le renoncement, la triste résignation. Il faut sans doute, pour laisser sa chance à la réalité, prendre conscience que notre soif d’absolu restera nécessairement insatisfaite. Je me trompe lorsque je crois que réaliser mon rêve m’apportera un bonheur sans limite.  Il est bon de se rendre compte que jamais la réalité ne sera à la hauteur de nos espoirs. Ce constat, loin de nous accabler, peut nous alléger en ôtant une exigence par trop pesante. Les manques, les blessures vécus sollicitent une réparation et jamais la réalité ne pourra les leur donner. Il s’agit d’accepter que les désirs qui braillent en moi réclameront toujours quelque chose à se mettre sous la dent. Jamais je ne pourrai les rassasier. Le tableau est ainsi brossé.
Loin de moi l’idée d’inviter au renoncement. Je préfère, pour ma part, tout mettre en œuvre pour réaliser, concrétiser ce qui peut être fait. La frustration rend souvent triste, elle aigrit et rétrécit l’âme. Et il serait fâcheux de faire taire le désir de bien qui réside en nous. Devant l’impuissance, ce désir peut se porter sur le possible. Je me sens totalement désarmé devant la bêtise humaine ou le malheur des hommes. Si je ne peux pas grand-chose pour les enfants du Darfour, je cherche toutefois à épanouir le désir de bien qui est en moi : qu’est-ce que je peux faire pour aider l’humanité ici et maintenant ? Qu’est-ce que je peux donner à l’étranger que je croise dans la rue ? En somme, pour accepter les limites de son pouvoir, il est nécessaire de l’exercer pleinement, de considérer là où il peut se développer et croître. L’échec peut dès lors être l’occasion de se rappeler la distinction d’Epictète que je ressasse si volontiers entre ce qui dépend de 1846_20Gerome_20Jean_Leon_20Jeunes_20Grecs_20faisant_20battre_20des_20coqsmoi et ce qui ne dépend pas de moi.
Un père assis à côté de sa fille distribue des tracts pour le « Deux fois Non » au durcissement de la loi sur l’asile et les étrangers. Sur la place du Marché, j’ai tenté de vivre la cohérence avec soi. Un désir me portait à tout mettre en œuvre pour que mon combat ne reste pas un vain mot. Conscient que la lutte était perdue d’avance, j’ai cependant connu la joie fragile de celui qui a tout tenté et qui peut accueillir la décision du réel sans regret. »    - Alexandre Jollien -

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P025 -

Tes échappatoires griment le rustre de ton dévolu

Chacun de tes soupirs s’évade de toi sans regret

L’écharpe qui entoure tes nuits sujettes au blanc1844_20Chasseriau_20Theodore_20Apollon_20et_20Daphnee

Se démaille du gris de tes jours laissés aux frottements

A la lumière qui assombrit l’écaille de ta peau

Tu accélères tes urgences à chasser tes flaccides

Résurgences que tes réminiscences ruminent

Les coruscations de tes lampes à intensifier l’immédiat

S’appauvrissent de ton empressement à avaler

Et tu te désespères de ce maintenant que tu effleures

En zappant l’onde qui aurait pu satisfaire tes émulsions

Oubliant dans la rue d’à côté ce qui était ton chemin.

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I096 -

1838_20Chasseriau_20Theodore_20Venus_20Marine

La parole de soi à l’égal d’un fleuve de courant que les berges conduisent, un radeau comme une bouteille à la mer, un excipient de dérives où coulent les flots comme les âmes. Sans tempête pas d’écrasement. Le nu d’un visage sans ardeur ne transpire pas. Le nu ne se décharne pas, il se lit comme une toile d’écriture sans os.

La parabole telle une catachrèse frôle le temple des histoires : un cœur, une étoile ; un désir, une fleur inabîmée au cœur de l’incompressible dans le champ des possibles. Onctueux acide que le Savoir qui se profile à la connaissance cherchant à révéler ce que nous sommes, cherchant à faire tomber les masques, les pudeurs, les servitudes pour se retrouver soi-même à l’essence de nos sources.

Notre histoire ne se lit pas, elle se déclame pour y créer les images des mots. Dans cette prose poétique, il y a toute notre enfance et au-delà notre chair, notre origine, nos empreintes.

C’est ennui que de préserver les apparences, alors que l’urgence est à sauver les meubles plutôt que les convenances. Désengluer la survivance par la droiture imposée c’est l’inadéquation de se prendre au jeu du JE qui déshabille jusqu’à nos racines. Si souvent on observe que tout va mal alors que chacun s’applique à nous dire que tout va bien.

C’est l’artisanat de nous-même qui nous plonge dans nos saveurs. Le monde de soi préservé crépite à la cadence de sa propre pendule.

Le microcosme de la révélation humaine est une militance bien infime à l’intérieur de nos1839_20Ingres_20Dominique_20L_Odalisque_20a_20l_esclave prisons. L’autarcie de la splendeur du goût à vivre s’échappe malgré la misère que nos yeux supposent. Le Besoin est roi de nos hégémonies. Le regard transporte jusqu’à la comparaison méprisante de l’incomparable mensonge dont le sang lui-même regorge. Un monde oublié, hors consumérisme, un monde de production de vie titubant au rythme de la solidarité de nos sens où la seule contrainte du réel désespère. La concordance de l’imminence de soi vers « une connaissance libérée » entrebâille la conscience de nos ego et disproportionne nos relents d’amertumes à nous convaincre que la vie « ce n’est que ça ». Nous sommes la fable qui porte l’humanité, la profondeur du léger, l’efficace de l’irrationnel et nous devenons néo castristes là où on nous sommes sans réponse à nos brisures. Nous sommes une valeur qui repose sur son enthousiasme et qui meurt aussitôt de nos bras cassés.

L’enfance retrouvé à l’infini baudelairienne ne s’épanouit qu’en des jardins subjuguant nos précipices ; la thématique de l’émerveillement pour être attentif à la marge, pour etre interpellé par ce qui se voit et qui se sent plutôt que par une matérialisation de la pensée. Les objets qui nous entourent parlent autant que les hommes qui les ont construits : ils renferment des trésors : le travail, l’application, le savoir faire, la créativité de l’artisan qui l’a façonné et non le vulgaire de l’usiné. La perception de ce qui ne se voit pas et qui demeure cet invisible que l’on voit au premier coup d’œil parce qu’on la sent malgré tout.

Une transcendance verbale peut extraire de l’anodin son subliminal parce que même le miroir est un objet fait par la main de l’homme, son glaçage et son polissage dont les reflets nous renvoient la somme du mieux comme la valeur de quelque chose d’unique. La main de l’homme c’est l’ouvrage de l’homme avant tout.

Jusqu’où la conservation de nous-même nous retient ?

Le savoir empirique libéré du métaphysique devrait nous propulser sous le préau de nos gestes à construire nos vies en dehors de tous les mots, là où l’incantation de ce qui nous dépasse devient poésie.

La dignité pour refuge à l’atome humain fondamental, notre fond souverain, notre richesse à offrir parce tout trésor s’offre, parce qu’il ne prend de valeur que dans le partage, parce seul de soi-même un diamant n’a de lumière pour personne.

On n’est jamais mieux servi que par son devenir et sans doute nous faut-il croire précisément en ce qu’on deviendra…

Nous sommes si souvent seulement les journalistes de notre propre histoire. Le théâtre d’aujourd’hui dans lequel nous sommes une histoire imprévisible nous conduit à la comédie de nos expressions.

C’est en juxtaposant notre incompétence à exister avec nos peurs qu’on en vient à se limiter à nos besoins parce qu’on ne sait pas ne pas en avoir, parce qu’on redou1838_20Gleyre_20Charles_20La_20Nubiennete d’en avoir des invraisemblables. Comme si le besoin accréditait la peur alors que c’est l’inconnu qui l’alimente. Qui refuse de s’encombrer de l’agréable qui ne serait pas nécessaire ? Le rite par sa redondance conjure l’effroi en partie, mais encore ?

Le monde est le flagrant du désespoir qu’il anime.

Je suis la somme de mes survivances, le capital de mes dérisoires, l’agglomérat de mes désespoirs, la résonance de mes abandons et le résultat de mes turbulences. Ce n’est que dans l’immodéré que j’invente le rêve pour lui donner l’éclat de mes exutoires, la brillance de mes frimes à décrépir les murs de mes audaces. Le feu qui me consume est sans fumée.

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29-10-08

I095 -

1807_20Ingres_20la_20Baigneuse_20a_20mi_corps

Le déclin de l’heure m’a oublié dans sa frénésie à disparaître. Des gouttes de mémoires rappellent tes soupirs à pulser l’éphémère qu’une apnée profonde se réapproprie dans la couture de tes spasmes à t’égrener plus vite que l’érosion de la pendule. Au regard de la constance qui n’est pas plus qu’une image figée pour se souvenir que le prolongement ne s’éteint pas à chaque brise, j’interpelle les papillons encore accrochés à la silhouette de mes ardeurs.

Tes yeux pendent à ta langue qui lâche le grognement d’une bête contrariée de ne pas pouvoir crier la secousse que provoquent la rupture et l’abandon. Frémis l’ultime qui ne cesse de repousser ses culminances.

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I094 -

89

Dans la conversation des cœurs, la pensée agrandit le silence autour de la parole. Un sensible mouvement que le regard ausculte dans le calme de l’instant longe l’inaccessible et gorge le pouls du retentissement des ondes. La parole suinte sa solitude. Cependant, tu entends mieux que moi mes mots et ce sont tes lèvres qui murmurent la douceur du tremblement que je rumine. Ce qui se donne s’échappe à voix silencieuse. Seule la vibration obtempère une communion électrique et froisse l’ampleur de nos solitudes réunies.

Perdu dans la forêt de tes sourires, je m’accroche à ce qui me reste, à la palpitation de tout ce que je trouve en toi et qui reste en moi. Il est des ombres plus réelles que ma carapace dont tu scrutes l’embrun avant l’évanouissement. Je me sens vide de moi telle une mort qui n’a rien à dire. Mon cœur voudrait te rendre à toi-même et ne consent qu’à être le passant où chemine le vagabondage de l’errance. J’ai peur, j’ai si peur de ses limites où s’ouvrent des inconnues que mes frontières ne savent contenir. Embourbé dans la praxis, je ne voudrais pas trouver en moi ce qui de toi à bien voulu se risquer à se poser et à s’étendre comme un berceau de chagrin que mes orages secouent. Ma propre glue retient pourtant les chevilles de ton cœur. Faudra-t-il nous enterrer vivants ? Mon corps redoute mon âme à te savoir à l’intime proximité de mon sensible. La peur coupe le souffle et les ailes d’un autre moi qui aurait voulu secourir. Le repli à l’instinct me plonge dans les ténèbres de ma propre tombe où tes yeux sont deux lumières blanches. L’imprévu est un itinéraire de prédilection sans qu’on le sache. Il y a tant de beauté dans la ressemblance que je m’effondre dans l’éclat de tes douceurs et me berce de tes plis. L’amour ne demande rien, il inonde et irradie. La sauvegarde déploie la tentative, à se méprendre de la transparence mimée et muette.

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I093 -

1814_20Ingres_20Dominique_20La_20Grande_20Odalisque

C’est sur son «31» que le neuf attendait l’expression du carré de sa puissance infinie.

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P024 -

1808_20Ingres_20La_20baigneuse_20dite_20de_20Valpincon

Dans cette nuit qui dort plus que mes paupières

La discrétion de l’absence loge le noir de l’ombre

Le rêve de toi s’est glissé doucement à la bordure du vide

Pour que mes draps vendangent le souffle de mes larmes

Et cueille à tes lèvres invisibles une rosée de coton

Dans cette nuit où tu sommeilles rescapée de mes défaites

L’amour s’éprouve à t’inventer de ses voyages incessants

De ses va-et-vient à épuiser la patience, à caresser l’épuisement

La joie et la peine au pied de mon seul lit.

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