26-07-08
PLATON :
« La pensée est un dialogue que l'âme tient avec elle-même ».
SPINOZA :
« Peut-on dire que la liberté est d'abord la reconnaissance de la nécessité ? »
NIETZSCHE :
« Toute recherche orientée vers une plus juste connaissance de soi et du monde, implique que nous croyons en la possibilité d’accéder à une expression de nous-mêmes plus proche de notre vraie nature ».
27 -

Et si l’éternité commençait ici, je fermerais mes yeux pour ne plus rien voir, ne plus rien entendre et seulement naviguer dans un imaginaire où les flots de la mer ne seraient que de simples battements d’ailes, et où les bateaux chavirés posés au fond des mers seraient des antres de gaîtés, des boites de jazz dont les tenancières seraient des étoiles de mer.
26 -

L’enfance est la pleine affirmation de soi, le rejet du non-moi.
25 -

L'individualisme est un sentiment qui se réfléchi. Il s’isole pour s’accomplir selon son usage. Il abandonne volontiers toute idée de multiple pour se gorger d’ego. Il est un berger sans troupeau. Et il meurt tout seul.
24 -

Faire des erreurs c’est etre sur la bonne voix.
Pablo NERUDA - "Prix Nobel de Littérature 1971"
IL MEURT LENTEMENT CELUI QUI....
Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu.
Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.
Vis maintenant !
Risque-toi aujourd'hui !
Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement !
Ne te prive pas d'être heureux !
ARAGON
« Ma vie en vérité commence
Le jour où je t’ai rencontrée
Toi dont les bras ont su barrer
Sa route atroce à ma démence
Et qui m’a montré la contrée
Que la bonté seule ensemence. »
L’Amour qui n’est pas un mot - Le roman inachevé
0578 - La vérité à tout prix… a tout prendre ?

A ne faire que constater l’étendue des dégâts, la cause d’une faiblesse se rit d’elle-même. Personne n’a jamais su me faire aussi mal que moi-même. Quel drôle de jeu que de déposer sur les autres les fagots de ses incompétences. Qui de l’autre ou de moi allumera le premier le feu ?
Le feu offre aux flammes leurs beautés et aux cendres les possibles attraits d’un engrais fertile. Je voudrais bien brûler un de ces jours à venir. N’etre qu’un feu de joie doit être sacrément libérateur.
Se résumer à vaincre, mais vaincre quoi ? La pensée est une invention culminante lorsqu’elle s’applique à éteindre en nous les paradoxes et les antinomies. Au firmament de ce climax, j’autorise volontiers une dernière parole. Te voilà acculée aux prémices de la mort, lui dirais-je, qu’elles sont tes dernières paroles ? Veux-tu prier ? Dis-moi ta dernière prière. Oseras-tu me lancer à la figure que c’est la réalité qui te presse ?
La peine est-elle aussi une illusion, un combat perdu d’avance qu’il faut vivre pour pouvoir dans le meilleur des cas s’en défaire?
Les faits ne s’inventent pas. Ils se corrigent éventuellement dans l’instant, mais après ?
Il est de ces temps où les présupposés ne s’articulent plus et ou paralysés ils se figent en
une stèle infranchissable. La statue des doutes fait face à celle des vérités. Zut alors, des années durant on s’évertue à sculpter une silhouette sans cesse mouvante qui ne peut jamais prendre une forme définitive, car rien ne l’est. Serions-nous à ce point l’inconstance des constances ?
Le constat de l’éphémère est terrifiant. Rien ne dure. Ni la vie, ni l’amour, ni la juste vérité de ce que l’on est. On se bafoue sans cesse, se triche, se contourne pour n’en finir qu’à une ressemblance éloignée et floue de ce à quoi l’on se destinait. Heureux ceux qui se sentent immuables sans peur du lendemain, sûr d’eux même quoiqu’il arrive.
Je ne sais avoir cette prétention de fidélité à ma pensée. Elle est elle-même une ombre oscillante à laquelle je ne peux prétendre pour affirmer mon estime et ma fierté. Je me suis infidèle, aussi !
Pourrions nous vivre en parfaite autarcie que nous irions glaner aux pays des autres pour voir si leur enfer ressemble au notre. La quête de la rassurance est éternelle.
Ma carence serait moins grande si la profondeur des trous pouvait se combler. Mais ils ne sont que des hallebardes furieuses, des harmonicas où le vent vient souffler sa rage de vaincre. Vaincre pour pouvoir crier sa réussite. Une réussite à l’image de ce que l’on
pensait que la vie attendait de nous. Or, elle n’attend rien de nous dans ce temps de poison et les désirs ne peuvent se répandre de ce que l’on ne connaît pas. Les larmes qui nous conviennent sont celles qui exaucent nos peines à souffrir parce qu’elles épuisent nos douleurs. A pleurer de soi on en finit à pleurer sur soi dans une passoire sans orifices.
Non, décidément, toutes les croyances sont tout aussi rassurantes qu’elles sont en même temps des prisons. Le jour où je voudrais m'étouffer, je croirais. Nous sommes le cachot de nos vérités. En avoir de sûres assermentées n’offre que l’illusion de ses propres insuffisances à ce régir. Trop habitué sans doute à taire ce qui ne s’exprime pas sans convictions déraisonnées. Il faut tant de folie pour aborder le courage.
Le silence est fourbe lorsqu’il cache nos chagrins à émanciper, à nous rendre libre, à nous témoigner l’inconstance et la friabilité que nos désespoirs engendrent.
Il faut nécessairement la puissance de la passion pour se délivrer de l’ennui et de l’inertie. Mais même la douleur produit des efforts pour durer. Ce qui est insupportable dans la douleur c’est qu’elle accuse. Elle triture à l’excès, elle fouille et gratte là où une plaie est à vif. Et il faut s’accorder à la patience pour la voir se dissiper lorsqu’elle est assurée qu’elle ne pourra plus faire mal. Chaque joute s’assurant qu’aucune autre n’est nécessaire, que le paysage est suffisamment meurtri et désolé pour que rien n’y repousse.
C’est le loup, oui, c’est le loup que nous aimons en nous plus que l’amour lui-même. A défrayer avec autant de persévérance tous les ruisseaux et toutes les sources d’émotions chaudes et rouges sang de nos prérogatives à sulfurer, à bouillir, à clapoter comme une eau dans une marmite frémissante, nous invoquons nos démons à nous chasser, à nous poursuivre de sa meute de loup aux dents acérées cherchant la blessure. Et nous sommes nous aussi des loups. Opiniâtre. De loup à loup, de nous à nous, nous nous coursons jusqu’à dans nos buissons les plus secrets et les plus fragiles. Je ne suis qu’un loup qui arpente mes bois vieillis et saccage mes bois verts afin de faire taire les jeunes pousses, les feuilles verdissantes des préoccupations nouvelles et c’est à la foret de pourvoir à l’inconsolable. Comme si son enveloppe de branchage pouvait contenir et dissimuler les horribles caprices de nos dévotions tumultueuses.
L’autre nous-même peut être un piège lorsqu’il nous conduit à découvrir de nous ce que nous ne connaissions pas.
A me regarder longuement dans les yeux, je vois toujours sur le fond de la toile cet enfant aux cheveux bouclés qui pleure et qui rit marchant vers une nuit où tombe des confettis.
La vérité déraille. Elle s’embourbe. Les arbres de la foret retiennent un peu sa chute pour finalement la laisser choir là, tout prés d’une clairière où les écureuils ont construit leurs gîtes et préparer leur réserve et où les hiboux sont les gardiens des nuits sales dans
lesquelles s’engloutissent tous les courages. Aveugle du jour sur lequel se pose l’oiseau des promesses, le noir tapisse le blanc de ses excréments sans odeur. Peut-être que de ce purin naîtra une aube douce et silencieuse d’une vie légère. Néanmoins, que fatigue et d’accablements pour un antre si peu douillet. Le mensonge n’est pas seulement l’autre face de la vérité, il confirme l’inutilité des voix uniques, de l’unilatéralité des sens. Il plagie les arborescences de nos certitudes pour offrir un festin aux loups. Les deux moi-même forment une multitude à se perdre. Et j’irais gratter ailleurs encore pour sonder cet espace de précipices, de vertiges et d’abîmes inaltérables. Sûr que ce qui est percé à une fin.
J’ai cette sensation troublante que plus je m’aborde de mes méandres plus je trouve de la force.