LA COLLINE AUX CIGALES

Dépotoir et déposoir de mots, de pensées... Ici repose mon inspiration et mon imaginaire ; une sorte de maïeutique effrénée et dubitative et il me plait de pouvoir partager à qui veut bien.

11-07-08

0569 - Le prélude à toi.

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Dans le prélude, la conjonction de l’attente du désir et celle de la promesse s’unifient dans la simultanée et donnent naissance à un enthousiasme rieur qui transporte.

Derrière le miroir les silhouettes s’impatientent. Et puis l’instant de grâce, où dépassé par la proportion, on se détache de soi pour se surdimensionner à être au dessus de soi. Se surseoir, s’éventer, s’aérer en volutes de légèreté et d’ondes frissons.

Tout soi devient autre. Nos pointures se gonflent, nos regards aussi. Une déviation de ce que l’on est au profond s’obtempère et nous fait glisser sur l’aire inconnue de ce que nous pourrions être. Le tremblement doux témoigne de la transformation. Les prémisses deviennent d’onctueux nuages sucrés dans lesquels la tentation prévaut à la peur.

Le cœur a besoin de malentendus. L’inexplicable gorge sa puissance dans ses confidences hors de la raison. D’amour la comparaison qui nous terrasse est celle que l’on s’imagine de ce qui nous fait aimer la vie. Et nous sommes tentés de chercher à concevoir. Il faut tant de courage pour sortir du réel. Pétris d’insensées, nous culbutons sur l’absurde de ce Moi que nous avons érigé telle une statue indomptable et éternelle. Se renouveler nous entrave toujours autant. Incertains à répudier de nous ce qui n’est pas l’essence mère de nos préjugés salvateurs à nos morales concupiscentes. Reprochons-nous de manquer de force. Il en ira ainsi. Rompre avec sa mémoire est acte d’ouverture à la disproportion. Celle là même qui nous transite, nous rigidifie et nous accable.tvr3

L’heure du prélude est temps d’entrechocs. Ce qui est plus grand que soi, nous augmente ou nous écrase, c’est selon.

Brave soldat de vie, nous jetons souvent les armes à terre et fuyons. Mon royaume est mon asile, l’épreuve mon accomplissement. Il est terrible ce bruit du dedans qui nous grelotte à l’extrême de ce que nous sommes, à vouloir n’être que tout amour sans plus rien, aucune place, aucune trace de nous-même, juste l’amour. Parce que pour être tout amour, il ne faut plus être soi, nous sommes de cette inconcevable infortune.

L’issue… demain, peut-être t’écrirais-je.

Posté par lacollineauxciga à 12:49 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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