07-07-08
La servitude de soi-même, Par Michel FOUCAULT
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0564 - S’enrouler

S’enrouler...
Je m’enroule tel une bobine
Où l’absence est la présence du soulagement d’être
Seul soi-même ivre d’angoisses circulaires
Au centre, l’optimisme géométrique
Se moque des roues et du hasard et de la chance
L’anneau se love et fait le pan
D’un pan-réalisme à couper le silence en pluriel
Je m’enroule et me cercle et m’encercle
Des cerceaux de l’enfant qui danse le conte
… Il était plusieurs fois, la vie
Et son sucre est ma tisane.
S’enrouler pour être autour…
0563 -

On trouve tant de pluriel dans le singulier - L’approximation s’interpelle à l’estimation - La louche du quant’à soi jauge la mesure - L’inertie frissonne de son immobilité - L’anéantissement à se surfaire, se surcomposer - Se surgraduer dans la démesure - Ouvre les voix aux infinis interminables - Je regarde dedans et ne vois que cette pulsion - Inoculée, immaculée, subjuguée d’émotions - Rien ne s’ouvre véritablement - Tout est latent, une brèche aspirante - Les tentations déclinent vibrantes - Aux regards des peaux soyeuses du chambranlement - Rien ne se ferme à tout jamais - Le désir enlisé s’ébroue aux tintements de l’envie - Le sourire demeure une ride pénétrante - Où ne s’étiole que le superficiel - Le ciel n’est là que pour offrir les envolées - La terre est un atterrissage lissé - Pour les âmes matérielles et solides - Dieu est cette fripe morte à l’intérieur de moi - Ce tissu laminé par l’histoire du temps - Je ne peux m’ajuster à cela - Il me faut saisir ce qui ne se retient pas - Et tapisser les parfums aux dimensions aériennes - J’adhère aux souffles que les spasmes d’air - Lâchent aux narines des songes fugaces - Gonflé d’invisibles et de rumeurs humaines - Je crache le feu qui de toute part consume - Oui, je brûle aux enfers des strates d’humanité - Sur
l’escalier de l’amphithéâtre des humeurs - Tragiques et des comédies burlesques - Mon vivant est cette brûlure sans tain - Je ne suis que le signe d’une continuité - Porté et déporté des chemins que foulent les pieds - Autant que les vertus à s’imaginer - Maître de rien en mon domaine d’aventure - Je poursuis en me poursuivant - Je voudrais cesser que je ne pourrais - Je voudrais aimer que l’amour me fendrait - Je voudrais dire que le mot me tuerait - Dans ce singulier désastre de moi-même - Une ruche fabrique du miel - Le pluriel offre l’esse à laquelle je suis suspendu - Et où l’heure butine.
Samuel BECKETT - Molloy
« Réfléchir, c’est à dire à écouter plus fort. »
0562 -

A la jointure des excès, là où s’en va le rangé, l’ordonné, les courants sont encore violents. Si violents que la nage est inutile et la noyade assurée. Le paradoxe : cette bouée de conscience, flottant sur ces eaux embrouillées et mouvementées qui ne permet pas de garder la tête hors de l’eau. Elle flotte pour elle-même, n’étant d’aucun secours. Confus, l’absurde installe par régression dans cet univers immanent de la pensée, la dégradation, la défaillance, la mutilation et destitue toute réflexion, et toute reconquête. Le probatoire déploie ses efforts à contresens, à contre-courants. Il est de ces échelles qu’il ne faudrait pas enlever après avoir grimpé. Grimant Kant par « si la vie devait être possible », la charge des hypothèses soudoie toute analyse et laisse à l’impossible la part belle à la démarche constitutive inhibant la créatrice. La vie est pensée, mais d’une pensée indéfinie. L’irréfléchi impose à nous extérioriser là où nous voudrions intérioriser. Dés lors, hors de notre propre champs d’application, toutes les pantomimes peuvent se jouer et danser l’épaisseur inadéquate d'avec sa petite lumière du dedans.
Inexistante, la vie tire de cette part d’ombre la puissance nécessaire à nous tirer vers des horizons de renoncement et de perte à donner le vertige. La vie n’est vivante qu’à sa propre extrémité, là où justement, elle est inexistante. Le jeu des contraires et des travers fonde les cycles. Elle habite le cercle. Et la raison l’habille.
La palpation aveugle offre dans un sursis de temps, les possibles explorations des sens. Le monde du sensible navigue alors, entre intuitions et réceptions dont la vie ne fait qu’attendre la confirmation.
Ce qui est assimilé nous détruit autant qu’il nous construit. Les petites choses sont les boutures d’existence qui révèlent l’humain à l’humain. Le cogito est production et nous ne sommes que l’outil ouvert à la dominance de l’invisible.