31-05-08
0514 - Inadvertance ?

Je te découvre de là où tu n’es pas. Derrière, devant, sont un seul est même lieu. Souvent, on se dit, se donner, se livrer pourvu qu’il ait de quoi et puis tout le temps on se laisse emporter. On se laisse faire, inhibant toute volonté, tout raccourci, tout profil d’espérance. On va où le vent nous porte. Sans freiner, sans retenir sans confiance, sans certitude, sans amarre, sans rien. Juste un peu soi en bandoulière. Mon cerveau comme une puce qui tombe de la lune et toi comme la lune qui me s’effondre sur ma terre. Le grand boum, le big bang. Et pourtant sitôt la collision effectuée, c’est l’épousailles des sols et les fleurs qui poussent. En un instant et pour un instant c’est hier-aujourd’hui-demain sur la même temporalité, sur le même rythme. Plus, moins ? Rien n’est moins sûr. Les soupirs ne bataillent pas, les mains ne cherchent pas, les regards ne se croisent pas. Rien d’apparent ne laisse supposer. Et cependant les ondes se fréquentent déjà. Métaphysique mystérieuse n’appelant aucune interprétation, la vie s’écoule comme l’eau. Elle s’engouffre où le vide l’appelle. J’entends ton sourire de l’autre côté. Tu n’es pas là mais tu es déjà là.
0513 - Il faut garder l’inaccompli.

Il faut garder l’inaccompli.
« Le loup, circulant revêtu d’une peau de brebis, chuchote partout aux oreilles que le Mal n’est en réalité rien d’autre qu’une méprise du Bien et un instrument valable du progrès. » C.G. JUNG – Les racines de la conscience -
« Qui habite les songes ne meurt jamais. »
Georges SCHEHADE
Le royaume de soi se construit dans le silence, nul bruit de fer, nul grognement de glaise ne peut y être entendu. Seules, les poussières en glissements et les clapotis d’air qui les invectivent sont propices à la taille des sépultures et des pierres en bataille de l’amoncellement de toutes les superpositions depuis l’origine. Les songes regorgent de ces souffles et de ces murmures.
Du sommeil se tisse la grande toile du passé révolu et de celui qui tinte encore le présent de ses creux non remplis. Grande rêverie telle une promenade sur les sentiers du souvenir, où la mémoire sème les liserons (volubilis) pour traces du parcours. Cavité réceptacle des chemins et des routes offertes aux pieds mais que la raison n’a voulu ou n’a su fouler. Cela reste et demeure des terres inachevées du non lieu des parcours du possible, mais ne s’efface pas de l’intemporel de l’histoire.
Les silhouettes gravées et enregistrées au filigrane de la voie accomplie accompagnent toujours et parcourent l’étendu des rêves de nuit en se glissant au plus profond de la chair. 
Du sommeil accommodant où les frontières de l’intérieur laissent l’extérieur à l’extérieur pour que puisse s’exalter la part du « possible » que le rêve propose à la compensation sans jamais lui offrir un terme, sans jamais compléter la totalité de l’intégrité. L’inaccompli demeure le réalisable ouvert au futur. L’inaccompli s’ajuste au temps indéterminé, au temps relatif, au temps perpétuel du mouvement. Le possible ne serait-ce que le paradoxe de ce qui n’est accompli et qui aurait pu l’être, tel un probable inexpérimenté ?
De même que le réel est cette véracité qui exclue tout désir puisque déjà là ?
Le sommeil est un état, un espace d’abandon où je laisse me graviter l’onde naturelle de mes reflux, de mes rejets, de me souhaits. Et même si dormir mille ans ne me permet point un apaisement fiable, j’envies ce dormir du temps qui m’offre une part d’éternité inconsciente.
« Je sais parfaitement ce qu’est le temps, mais je perds tous mes moyens lorsqu’il s’agit de le décrire », disait Saint Augustin.
Je dors toujours aux portes de la mort et ne m’en offusque pas. C’est même dans cette immobilité relative que je suis le plus volubile de mes mouvements. Le rêve est cet outil indispensable à ma sauvegarde. Sans, je suis mort, c’est sûr. Je dors pour rester debout comme je vis pour tomber. Noctambule de l’aléatoire, je me rive au dérisoire comme l’on accoste la terre impromise et improbable à toutes dimensions réelles.
L’authentique du chaos telles d’immenses fractales aux couleurs chamarrées de ce que j’ai su de mes yeux ouverts et que jamais plus je ne reverrai, m’interpelle à la jointure des évidences.
Comme le disait William dans « Roméo et Juliette » : «Plutôt que de pleurer ce qui nous manque, rêvons de ce que nous avons.»
Le sommeil est cette veille calme qui permet à la réalité de circuler, d’activer sans relâche le passage entre les mondes. Le sommeil est cette promesse d’amélioration où se conjugue l’errance à la déserrance, le monde tel qu’on voudrait qu’il soit à l’image désobéissante que l’on a de soi. Un renoncement souple qui amplifie les facéties jusqu’à occuper l’absurde aux limites de l’égotisme. Ce roupillon de l’inertie où se désenclavent nos certitudes, nous protège sans doute des seuils invisibles incarnant nos erreurs et nos trahissons, nos labyrinthes hideux occupés à profusion de préjugés castrateurs.
Le sommeil est ce sentier par lequel on s’atteint de l’intérieur pour y découvrir nos rites et nos conditions à exister. C’est un temps fugitif, toujours menacé par notre dévouement à nous accomplir par les actes. Les nuits qui échappent à cette éclipse aboutissent à l’insaisissable de nous-même. C’est en ce lieu frontière de tout que réside l’ultime de la réalité. Nous sommes les témoins du sommeil des autres pour qu’ils témoignent de notre endormissement. Il nous reste à tuer le vieil homme qui dort pour accéder au face à face qui permet de soustraire. Le jour naissant est alors un jour nouveau. Il faut garder l’inaccompli comme un œuvre inachevée. L’inaccompli est cette truculence où la vie explose, le jour, la nuit, n’étant que le pile et le face de l’altérité où s’agenouille toute intention.
Boutade ou pirandellisme, au choix :

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Un jour un sage a dit : « Le monde serait-il meilleur si j’étais moins pire ? »
(Nota Bene : Le sage n’est pas forcément communiste)
Boutade ou pirandellisme, au choix :

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Si le paradis existe, il doit être peuplé d’actionnaires…
Boutade ou pirandellisme, au choix :

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Jésus, l’inventeur de l’assurance vie…éternelle ou de la garantie Pantagruelle (Abel et Caïn ne sont pas loin)
Boutade ou pirandellisme, au choix :

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Le Platonisme libéral : de la carte bancaire électron à la carte infinit (souverain bien)…
François Béranger - Les mots terribles
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