26-05-08
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Je viendrais voir la nuit de tes cendres encore tièdes S’offrir au désir bleu de tes flammes ondulantes Vivantes de leur danse que tes yeux reflètent Sur mes braises incandescentes et ruisselantes Si l’âtre éclaire nos murmures d’âmes brûlantes Au parfum des bûches rougeoyantes du matin Dans la pénombre à l’attente douce du jour se levant Si se lève aussi l’ardeur des chairs si longtemps Retenues dans les manteaux du ciel des frissons Enfin prendre tes lèvres au prépuce des heures A ne rien vivre d’autre à n’attendre De ce rêve qui n’a su jusqu’alors seulement voyager L’embrasure de nos immobiles attentes L’éclosion du scintillement de nos espérances Se tordre et se répandre comme une lave chaude Une caresse de dentelle sur le ventre tendre Des émotions d’une larme dorée brillante Des sueurs de l’étreinte que nos cœurs Transpirent depuis l’aube des temps Enfants du soleil nous sommes fous de nos vertiges Nous composerons le temps des gestes qui effacent L’empreinte des os et des chairs en volutes d’air Et nos souffles seront les soupirs de nos draps Funambules nous seront nos ambulances.
Le bruit des plaisirs que chantent nos peaux nues
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Les petites déceptions de l’inutile cognent sur la vitre comme sait le faire une pluie fine incessante.
« J'ai pour me guérir du jugement des autres, toute la distance qui me sépare de moi-même. » Antonin ARTAUD
William JAMES

William JAMES : « Le vrai est ce qui est payant »
Dans une perspective pragmatique, un énoncé est vrai s'il est rentable. Cette affirmation ne conduit pas pour autant au cynisme. Elle n'est même pas incompatible avec la croyance, selon le philosophe américain : et si Dieu était une idée payante ?
Par Olivia Gazalé
Vous doutez de la vérité d'une vision politique, d'un programme économique, d'un système de valeurs ou encore d'une croyance religieuse ? Soyez pragmatique : évaluez-les à l'aune de leurs conséquences pratiques. Elles seules, nous dit le philosophe américain William James, sont le critère du vrai. De même qu'une loi scientifique n'est vraie que si elle a des applications techniques fécondes, une idée n'est vraie que si elle est prosaïquement rentable, opératoire, profitable, bref payante. « Le vrai consiste simplement dans ce qui est avantageux pour notre pensée, de même que le juste consiste simplement dans ce qui est avantageux pour notre conduite. » Même Dieu est « une chose dont on se sert ».
Vous êtes choqué ? Vous rejoignez le camp des nombreux détracteurs de William James, Bertrand Russell en tête, qui voient en lui le chantre du capitalisme sauvage, et réduisent sa pensée à une défense et illustration de l'homme d'affaires américain : opportuniste, individualiste, cynique et décomplexé.
Peut-on souscrire à une conception perspectiviste et utilitariste de la vérité ? Celle-ci n'est-elle pas, comme le répétait Platon en fustigeant le relativisme des sophistes, d'ordre métaphysique plutôt qu'empirique ? Pire, la philosophie de William James ne permettrait-elle pas de cautionner un acte immoral, pourvu qu'il ait des conséquences avantageuses ?
Mais le philosophe lui-même nous invite à dépasser cette interprétation caricaturale de sa pensée. Dans sa correspondance, il condamne « la lâcheté morale née du culte exclusif de l'infâme dieu Succès. C'est là, dans le sens bassement mercantile, que nous donnons au mot “succès” qu'est notre plaie nationale ».
C'est dans l'horizon nietzschéen du nihilisme occidental qu'il faut replacer l'oeuvre de William James. Dieu est mort, emportant dans son tombeau la vérité révélée et le cortège de certitudes sur lesquelles s'était bâtie notre civilisation. Cette crise des fondements, qui marque en profondeur notre ère, s'accompagne d'une grave crise de confiance. Si la vérité n'est pas une et universelle, mais plurielle et relative, comment continuer à croire et à agir ? Sans confiance, pas de risque et sans risque, pas d'action. Nous voici à présent confrontés à ce que Nietzsche appelait le « néant de volonté », cette inertie du vouloir qui conduit à la démission intellectuelle, à la capitulation morale et à l'inaction.
Le pragmatisme se présente ici comme l'ultime recours face à cette tétanisation de la volonté. Davantage qu'une philosophie, il est une méthode d'évaluation qui permet de clarifier nos choix pour libérer notre énergie : « La vérité complète est la vérité qui donne de l'énergie et livre des batailles. » Elle peut à ce titre être qualifiée de
« payante », non parce qu'elle « rapporte gros » mais parce qu'elle sauve du désespoir en offrant une rédemption à nos libertés atrophiées. Le pragmatisme est un outil de création propre à secouer notre léthargie en offrant des points de repère à la croyance, au jugement et à l'action. Ainsi, dans une perspective pragmatiste, il peut être payant de croire : « Refusez de croire, et vous aurez raison, car vous périrez irrémédiablement. Mais croyez, et vous aurez encore raison, car vous serez sauvé. Par votre confiance ou votre méfiance, vous rendez vrai l'un ou l'autre des deux univers possibles. »
William James en six dates
1842. Naissance à New York. Frère aîné du romancier Henry James.
1890. Professeur de physiologie à Harvard, il publie les Principes de psychologie.
1897. Titulaire d'une chaire de philosophie, il écrit La Volonté de croire.
1907. Parution du Pragmatisme.
1912. Publication des Essais d'empirisme radical.
1910. Mort à Chocorua (New Hampshire).
0499 - Ça tire… Satyre…vers le bas !

Différent, comme nous tous, comme tout le monde… Différent… qui pourrait se flatter d’être identique ?
Lapalissade certes, mais qui ne cesse de remettre en cause. Comme si la différence était associée, jumelée indubitablement à un hors norme. Entrer dans le cadre poli des conventions sociales, surtout lorsqu’elles ont fait leurs preuves sur le plus grand nombre. Domestiquer sa nature. On s’élève comme l’on éduque les animaux domestiques, au grain et à la caresse. On s’éduque. On se façonne à l’échelle de la convenance pour ne pas être exclu, montrer du doigt, voir pour ne pas être désintégré au nom de la morale qui se veut la loi de tous. Nul n’est sensé ignoré qu’il est nécessaire pour ne pas dire obligatoire de s’appliquer à adopter la mesure certifiée des bonnes mœurs. Après tout, la société s’occupe si bien de nous, que pourrions-nous lui reprocher ? Bonne mère, elle est soucieuse de nos bobos et de nos incapacités, bon père, elle sait nous orienter et nous (re) diriger chaque fois que nous déraillons un peu trop du chemin à parcourir.
Faire tomber les préjugés, faire tomber le sectaire des yeux.
Sentiment d’éphémère.
Faire tomber… Tout ce qui tombe nous pose à l’horizontale du sol.
La souffrance contamine. Mauvaise herbe qui s’étend et se répand.
L’albatros est loin…il vole de sa resplendissance. Il porte et colporte les césures des hommes, par delà les mers, par delà les rixes, par delà l’hégémonie. Lui seul sait, peut-être où se trouvent les falaises de l’intégrité que la sagesse des hommes se partage.
Qu’as-tu gardé de l’enfance qui ne soit pas comestible à l’adulte ?
On ne peut s’indigner. L’attrait du respectable nous regarde tel Caen dans son trou.
Dis-moi, au moins que tu m’aimes pour que je puisse me défaire du sentiment d’abandon.
Implacable, regard froid à glacer les momies, l’indomptable de la rigueur lève le doigt du moralisateur. Celui qui sait, celui qui a la vérité, celui qui ne peut être corrigé de son autorité même si elle accable. La force du fort.
Ne pas se dresser, ne pas se lever, ne pas marcher à contre sens sous peine de punition. Ne pas dire ce qui est, s’appliquer à ce qu’il faut. La plus féroce des peines évidemment étant toujours l’exclusion (marrante de son inopportunisme à l’heure où l’on parle sans cesse d’intégration.), le rejet, l’abandon. Ça crisse, mais ça passe ou ça casse.
Moi homme debout, je sais qu’il faut que je tombe. On m’a enseigné à plier depuis mon tout jeune âge. Mais je sais que ce n’est qu’en tombant que je serais à cette horizontale élémentaire. Me laisser tomber de toute ma gratitude, et de mon ingratitude s’il le faut, quelle importance. Mais tomber. Etre à terre, ventre au sol, le souffle formant un nuage de fumée, un nuage de poussière. Me voilà à la bonne hauteur pour voir le monde. Les pieds sont devenus énormes. Je ne vois que des pieds. Ils passent… ils passent loin ou prés, ils passent. Rares sont ceux qui s’arrêtent. Ceux là, semblent réfléchir, mais ne font pas demi-tour, ils reprennent la marche. Ils passent.
Etre allongé. Position où s’apaise le flux du sang, où le corps tout entier se prépare à la veille. Sentir la dimension de son corps. Etre dedans et dehors toute à la fois, mesurant la frontière de soi. Et puis plier, plier comme on me l’a appris, inculquer lorsque j’étais encore bouture. Me retrouver dans la position fœtale. Percevoir un son, une lumière, un mouvement dans un léger effleurement des plis de conscience.
Ne plus savoir être tomber et tomber encore dans un puit au fond inconnu. Se laisser tomber volontairement dans un sans repère, un sans accroche, un sans fixation possible. Tomber non comme une tour qui s’effondre, non, tomber comme un bout de plume virevolte en dansant circulairement, tantôt vers le bas, tantôt vers le haut mais dont la chute est inexorable. Tomber sans appréhension, sans vertige. Le mouvement rejoint l’élan…Tout en moi tombe, la plus petite cellule tombe, plonge en dessous, encore plus bas. Une chevauchée de tombages désarticulés, une colonie de chutes démantibulées, une escadrille puis une autre et encore une autre.
Dégringolades, éboulements jusqu’à l’apocope des mots qui s’étaient fondus, qui avaient osmosés avec ma chair, jusqu’à la reddition des servitudes qui avaient encrassées, jusqu’à l’amputation des idéaux repus par la pensée des autres.
Tomber…et j’ai tombé ! dans ce trou sans ornière, dans cette fausse si juste, dans ce cratère impétueux où la tombe n’est pas cet espace final, cet espace de mort mais seulement une finitude, une terminaison, l’achèvement d’une course, d’une désinence, d’une clausule.
C’est à tomber que mon visage a retrouvé son expression, sa nature. C’est à tomber que
j’ai pu relever de moi ce qui branquelottait, titubait, s’émiettait. C’est à se déchoir de sa déchéance que l’on peut marcher droit de son équilibre. C’est en effondrant l’affirmative qu’une autre plus affirmative renverse la matière pour laisser place à l’essence. L’essentiel est toujours lié à toutes les extrémités de l’essence.
Et au prix où elle est (rire), on devrait se rendre compte de sa rareté et lui vouer davantage d’attention. Personne n’a raison d’avoir raison si c’est pour anéantir l’autre. Et je vous ris cette petite vérité sans prétention. Merci de votre sollicitude.
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La beauté n’est pas un handicap. Seuls les préjugés sont l’handicap. Il faut voir si c’est possible disait l’aveugle, cela dépend de toi répondait le bègue…faut-il que les sourds entendent nos vœux…
« Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,… Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit… »


…Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,