06-05-08

J’envisage de me détester… un de ces jours lorsque j’aurais le temps.
La farce : se concevoir et se supposer vivant.
Indélébile de matière, mes évanescences ne sont que les formols de mon esprit qui se réjouit à s’évanouir là où la maîtrise du corps est nécessité. Aux paroxysmes de la raison, l’anéantissement de l’élite, le suprême agonisant de ses racles à vouloir comparaître face à la chute dans sa supériorité de glaise encore plus hermétique que le plastique qu’il a lui-même inventé. Pour ne pas en finir avec un commencement échoué, persister à se berner dans la compassion de soi.
La vie se rejeton de la haine, contresens de l’amour qui nous décime à coup d’épées violentes mais tolérées par l’humanité compatissante. De cette défunte attendue, voulue, que reste t’il si ce n’est la cendre vécue des étreintes funestes où les corps se repaissent de leur incompétences à se déchirer de la fracture originelle…
Renaître, dénaître, tout cela est histoire de ventre, seule alcôve d’où peut rugir le redoutable dont la résonance sinistre prélude aux sacrements compassionnels.
Se pâmer de cynisme, comme d’autres s’empiffrent de tartes à la crème. Cracher haut son hurlement à se fendre de la douleur que l’on éprouve à respirer encore.
La renaissance que chacun expie afin de se donner une chance nouvelle à l’effondrement
déjà perçu d’une vie effroyable où chacun vocifère que la chance et le bonheur sont susceptibles de nous équarrir d’une équité si belle et si avenante qu’elle fait oublier tout l’avant, tout le reste.
Me réincarner, oui, mais alors tout de suite !
Etre et devenir un tourbillon, un rien de trop, une choppe à bière, une échoppe à dentelles, une colonie de vacances, un geyser d’eau rutilante en plein désert, un pont au dessus d’aucune rivière, un fruit mur, trop mur, déjà pourri de miel sans sucre, une armoire sans étagère et sans rien dedans, un oiseau sans cage mais bagué, ha oui la bague…l’anneau de la dérision aussi rond que la liberté conceptuelle, une outre de laid de mouches, un râteau dans une allée sans feuilles, un pédigré sans race, une laine sans mouton, un bol de riz sans Corée, un livre sans page, un être vivant sans vie, une luge des neiges au pays d’Alice, un rugissement dans un zoo.
Nos émotions sont nos prisons.
Chaque grain de poussière resté en suspension que le soleil nous montre est à l’image de cet invisible que nous ne saurons voir sans lumière, alors qu’il fait nuit et que l’œil s’endort.
Le monde réel est au-delà, si nous ne le voyons qu’au travers des filtres de nos désirs. Les filtres à café ne filtrent que le grain du jus.
Une découverte c’est la rencontre sacrée d’une curiosité et d’un étonnement. Et je m’étonne à être curieux de ce que je découvre.
Le plus difficile c’est de retrouver l’ancre que nous avons jetée au fond de nous. Surtout lorsque la mer a disparu.
Dans le creux de ta main la caresse douce qui réunifie mon tout
Dans le pli de ton sourire l’expression de ma tranquille sieste
Dans cette unité le répit d’une parenthèse qui fortifie l’âme
Je t’absorberais comme une terre inondée boit jusqu’à plus soif.
Croire que la liberté provient de la réponse que l’on apporte à ses besoins parce que trop longtemps bafoués est une confusion digne des écoliers de la vie. Le besoin est la manifestation d’une carence indomptable : sans respirer on meurt. La liberté, elle, n’est envisageable que vivant, certes, mais elle transige nécessairement aussi par l’exploitation et l’assouvissement d’un désir et non d’un besoin. De là, à dire que l’amour en terme de désir, par exemple, est une liberté que l’on s’autorise pour avoir la sensation d’être libre demeure une illusion non fondée. Je ne crois pas à la liberté dés lors qu’elle est la réponse à une envie aussi torride soit elle. Pour moi la liberté réside dans le choix que l’on obtempère consciemment ou pas et de façon réfléchi ou pas vis-à-vis de nos désirs justement. Le choix est notre seule liberté, ne pas en faire c’est se complaire de l’errance qui provoque l’effritement qui va nous maintenir au fond du trou du labyrinthe de nos incertitudes.
Fragile et éphémère nous nous façonnons de la lumière que nous laissons nous pénétrer. Entre, ma grande, entre donc, j’ai si soif.
D’une goutte transpirée par l’effort, la récompense, qui n’est autre que la confusion, s’abreuve.
La confiance ne provient pas des autres mais de notre faculté à nous entretenir hors du doute. (En douterais-tu ?)
La nécessité d’être lucide ne nous rend pas aveugle aux émotions qui caressent notre désir d’être heureux.
La confiance en-soi sans le courage est un bateau sur une mer de sable.
Inutile de considérer ce corps nôtre, si nous devons le lézarder constamment de nos turpitudes à normaliser l’innormalisable.
C’est de l’usage de nous même que dépend la jouissance de vivre et non du contexte dans lequel on se trouve.
Du vivant être le rayon de soleil qui transperce les nuages. C’est en léchant la lumière qu’on s’éblouit le mieux.
D’un possible, sa valeur repose sur le fait qu’il peut être choisi.
Eclopés, estropiés, amputés… Ne pas chercher le lien avec l’entièreté. La carence est partout et le manque bave toujours l’insuffisance pour nous rappeler l’humilité dont nous devons rayonner. De l’imperfection faire le lit cotonneux des révolutions de nos métamorphoses plutôt que de geindre de l’absence de nos compétences à éprouver le sel acide qui aide à refermer les plaies. Nos cicatrices sont les passeports vers l’éternité de nos néants, nul doute.
Si les terres connues nous sont sûres, c’est des terres inconnues que nous agrandissons nos espaces. (Ne tremble pas, s’il te plait !)
Il est tant si mieux que d’exister d’un plaisir plutôt que de vivre par lui.
Le pire : aimer dans l’insatisfaction. Se heurter à ses limites, et s’apercevoir que c’est notre ego qui est la centrale névralgique de nos apoplexies.
L’espérance libère ceux qui croient que la vie à un sens. (Se référer aux aiguilles du temps pour connaître le sens qui avance !)
La censure meurtrière du regard de l’autre nous accuse de nos imperfections et nous dépossède de l’élan salvateur. De nos attentes il faut tout de même chercher l’apaisement. Ou bien se faire le geôlier de son désir et échapper aux doux soupirs de la
vie. Spinoza nous a pourtant affranchit : « personne donc n’éprouve la joie de la Béatitude parce qu’il a réprimé ses sentiments… ». D’un espoir il ne faut pas chercher la complaisance de la réalité mais s’octroyer la satisfaction de l’assouplissement de nos exigences. Aucune réalité ne peut être à la hauteur de nos manques, de nos torpeurs, de nos misères, de nos échecs et de nos blessures. C’est droit dans les yeux qu’il nous faut regarder nos désirs en s’ôtant de l’esprit cette stupide corrélation qu’un désir est un caprice. C’est dans la réparation de moi que j’exerce mes vrais choix. Putain de résilience !
A mort l’arbitre, à mort la règle, ce jeu est stupide.
Alors c’est comment une petite crise délirante vue par l’œil du dehors ?
Tarantini, merci !