LA COLLINE AUX CIGALES

Dépotoir et déposoir de mots, de pensées... Ici repose mon inspiration et mon imaginaire ; une sorte de maïeutique effrénée et dubitative et il me plait de pouvoir partager à qui veut bien.

04-05-08

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citation

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19775514

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A toi.

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Plonger dans tes bras, laisser faire le geste, l’accompagner même et boire à tes yeux les lumières qui transcendent mes ombres frêles. Vaciller dans le tourbillon de tes baisers que j’attends comme une cheminée attend le bois.

Plonger au cœur des tes poumons à écouter la musique douce des ondes qui naissent de nos tremblement et échapper aux raisons raisonnables qui harcèlent de leurs gangues étroites nos pulsions à nous savoir, à nous dire, à témoigner de notre offrande à la vie.

Te transcrire l’amour qui est en moi avec des pinceaux aux alphabets morses que seuls tes silences sauront entendre. Te dire l’élan qui s’agite à venir à toi…

Je suis là et m’émerveille. Innocent.

Plonger aux rives de tes hanches là où se creuse la vague avant de s’écrouler, écumeuse de son roulis à faire frémir les cimes de l’océan. Aux coquillages de tes mains laisser glisser les étoiles de mer aux confins de notre ciel où tous les nuages se sont enfuis pour nous laisser la place d’accrocher nos cœurs blanchis par l’émotion qui roucoule de nos ressemblances.

Plonger aux creux de tes arabesques et déambuler tel un funambule au visage sans grimace, nu de ses pas, sur un fil qui te rejoint. Ouvrir ton corps, ouvrir ta vie, ouvrir tes portes et brasser l’air que font les ailes des hirondelles. Plume légère cherchant l’appui en ton ciel.

Me mouvoir de toi là où nul mouvement n’a de forme. Pénétrer ton néant pour y inscrire le mien. De cette musique vide de toutes les lumières et de toutes les éternités s’allonger dans le signe qui te conjugue.

Plonger comme le font les nuages pour s’abreuver des ondées futures. Lâcher l’eau et garder le sel. Ton sel sur mes lèvres, une douce brûlure qui accompagne mon sourire. Viens !

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Roland Barthes, "La langue est fasciste"

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Roland Barthes, "La langue est fasciste"

La langue classique est, pour Roland Barthes, une arme au service des dominants et de leur idéologie. L'écrivain sémiologue reviendra plus tard sur cette affirmation radicale.

Par Hélène Merlin-Kajman

En 1977, lors de sa leçon inaugurale au Collège de France, Roland Barthes lance cette phrase, qui fait l'effet d'un coup de tonnerre : « La langue, comme performance de tout langage, n'est ni réactionnaire ni progressiste ; elle est tout simplement fasciste ; car le fascisme, ce n'est pas d'empêcher de dire, c'est d'obliger à dire. » En quelques mots, il balaie les présupposés de la philosophie occidentale qui associe, depuis les Grecs, l'exercice de la parole à celui de la raison et de la liberté.
Que veut dire Roland Barthes, qui brandit ici la menace du fascisme avec une outrance caractéristique de la critique des années 1960-1970 ? Sans doute, le nouvel élu au Collège de France cherche-t-il d'abord à subvertir l'exercice institutionnel de la fameuse «leçon», avec autant d'éclat que l'avait fait Michel Foucault quelques années auparavant, qui avait profité de l'occasion pour dénoncer «l'ordre du discours». Roland Barthes radicalisait le propos. La langue est fasciste : une telle assertion outrage la langue en une surenchère après laquelle plus rien ne pourra être aussi « transgressif ».
La dramatisation et la politisation des enjeux de langage sont constantes chez Roland Barthes. Lors de l'affaire Dominici – ce paysan de Haute-Provence accusé du meurtre de trois touristes anglais, condamné à mort en 1954 puis gracié –, il remet en cause le mécanisme juridique et la fonction de la parole dans le procès : la maîtrise du discours par les magistrats et leur sens tout littéraire de la preuve faisaient un contraste écrasant avec l'apparente pauvreté de langage de l'accusé. « Spectacle d'une terreur dont nous sommes tous menacés », le procès a volé « son langage à un homme au nom même du langage » : « Tous les meurtres légaux commencent par là. »
Formules déjà fracassantes. Roland Barthes dénonce, de façon plus générale, l'hypocrite clarté de la langue classique, l'illusion de naturel et de vérité qui fait d'elle en réalité l'arme invisible des dominants, leur idéologie. Après le marxisme, le structuralisme linguistique fournit une méthode décapante mettant sur le même plan la tragédie et le sport moderne, traitant la littérature comme on traite une recette de cuisine. Dans le cadre de sa sémiologie, Roland Barthes étudie tous les signes qui, à travers la publicité, le cinéma, les articles de journaux, envahissent et structurent inconsciemment le champ social. Cette sémiologie est dénoncée, dès la fin des années 1960, comme une activité encore trop inspirée par la rationalité occidentale. Que faire s'il ne suffit plus d'attaquer les productions idéologiques, sinon dénoncer la langue elle-même, sa structure, son système de contraintes auxquelles aucun discours, bourgeois ou non, n'échappe ?
1859_1861_20Manet_20Edouard_20La_20nymphe_20surpriseSi la langue est fasciste, la littérature peut renaître comme « tricherie », comme « leurre magnifique ». La phrase ne se contente pas de renier le rêve émancipateur du structuralisme, elle signale aussi une autre constante de la pensée barthésienne, infiniment moins dogmatique, celle qui commence, en 1944, avec l'éloge de la « décence » classique pour conduire au « non-vouloir-saisir » de Fragments d'un discours amoureux, en passant par l'amour du Japon et de ses signes indirects, la réhabilitation du plaisir du texte ou la critique du « nu » au profit du voile et de ses entrebâillements séducteurs.
En 1980, juste avant sa mort, Roland Barthes se détourne de l'« arro­gance » de la modernité, nouvelle norme idéologique dans laquelle il lit un danger. Finalement, la langue – classique – ne lui paraît plus fa­sciste, mais « essentielle ». La formule provocatrice de 1977 n'était ainsi qu'une étape, dans un cheminement qui l'a conduit à reconnaître mélancoliquement la finitude du sujet et les failles du langage, le plaisir et la jouissance des textes.

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0395 -

1857_20COUTURE_20Thomas_20Courtisane_20et_20sa_20mere

La solitude commence où fini son histoire. Ne pas s’isoler de soi c’est entreprendre le chemin où l’on s’abandonne.

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0394 -

1853_20Courbet_20Gustave_20Les_20Baigneuses

Ce que l’œil voit, il ne le voit qu’une seule fois. L’impression se sur-imprime s’il y regarde à deux fois.

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0393 -

1853_20Chasseriau_20le_20Tepidarium

Le théâtre de nos vies se meurt de nos représentations à chaque rideau baissé. Comédie, tragédie sont le burlesque de nos prétentions à vouloir. Acteur aux pantomimes facétieuses nous tuons nos réels pour coudre de nos rêves les plus intimes ambiguïtés à nous représenter.

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0392 -

1852_20Gerome_20Jean_Leon_20Une_20idylle_20Daphnis_20et_20Chloe

Toutes actions reposent sur le corps. Seules nos gestuelles savent encore le langage de nos ferments.

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0391 -

1851_20Ingres_20Dominique_20Jupiter_20et_20Antiope

Plus que de vivre, je revendique le droit d’être. Ainsi la vie est prisonnière de ma tétardise à me séduire.

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0390 -

1851_20Gigoux_20Jean_Francois_20La_20Mort_20de_20Cleopatre

Si la raison déduite d’une morale savait juguler autre chose que la pulsion naturelle, cela se saurait.

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